Rencontre-débat sur l’accessibilité de l’audiovisuel en Belgique pour les aveugles et malvoyants

Dans le cadre de la 32e édition du Festival International du Film d’Amour (FIFA), l’œuvre fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants a réuni le 24 février 2016 à Mons les décideurs politiques, les éditeurs, les diffuseurs, et les producteurs d’œuvres audiovisuelles pour faire le point sur l’accessibilité de l’audiovisuel pour les personnes déficientes visuelles (le lien vers le compte-rendu de la rencontre se situe dans le bas de l’article).

Accessibilité de l'audiovisuel pour les personnes aveugles et malvoyantes en Belgique

Le cinéma adapté pour les aveugles et les malvoyants

Depuis 1999, l’œuvre fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants, soutenue ponctuellement par les pouvoirs publics, audiodécrit 5 à 6 films par an. L’audiodescription consiste en l’insertion de commentaires descriptifs sur la bande originale d’un film. Précurseurs du développement de cinéma en audiodescription en Belgique, Les Amis des Aveugles ont mis en place une méthodologie qui préserve la spontanéité et ne dénature pas l’œuvre originale. Forte de ses partenariats, l’ASBL propose des ciné-clubs en audiodescription et participe à des festivals de renommée internationale. Ces séances permettent aux personnes aveugles et malvoyantes de partager des moments de convivialité et de rencontres.

Rendre les œuvres audiovisuelles progressivement accessibles

D’un point de vue légal, une directive européenne du 11 décembre 2007 (directive 2007/65/CE) encourage les Etats membres à rendre progressivement accessibles les œuvres audiovisuelles aux personnes déficientes visuelles. En Belgique, l’offre de films audiodécrits, à la télévision comme au cinéma, repose actuellement sur la bonne volonté d’associations et de quelques opérateurs sensibles aux déficiences sensorielles, même si celle-ci est insuffisante pour rencontrer les besoins de ces publics.

L’utilisation des nouvelles technologies pour favoriser l’accessibilité

Le débat riche et dynamique a mis en lumière une nécessaire implication du monde politique et des différentes intervenants dans la vie d’une œuvre audiovisuelle pour une plus grande accessibilité de l’audiovisuel. Le coût dérisoire de l’audiodescription et de l’utilisation des nouvelles technologies ont été pointés comme des éléments favorisant le développement de l’audiodescription. De l’avis de tous les participants – RTBF, Canal C, VRT, CSA, Zicht op cultuur, FIFA, Union des Producteurs Francophones de Films, Centre du Cinéma, AVIQ et les Cabinets de Maxime PREVOT et de Jean-Claude MARCOURT – mutualiser les expertises et les compétences de chacun est nécessaire pour créer une offre foisonnante d’œuvres audiovisuelles accessibles à tous et en toute convivialité.

Consultez le compte-rendu de la rencontre-débat sur l’accessibilité de l’audiovisuel en Belgique : format Pdfformat Word

L’ACCESSIBILITE DE L’AUDIOVISUEL EN BELGIQUE

PAS DE PROBLEME STRUCTUREL,

UNE VOLONTE COMMUNE D’AVANCER ENSEMBLE

Mercredi 24 février dernier, Les Amis des Aveugles et Malvoyants avaient réuni les décideurs politiques, les éditeurs, les diffuseurs, et les producteurs d’œuvres audiovisuelles pour faire le point sur l’accessibilité en Belgique.

Les intervenants de Flandre et de la Fédération Wallonie-Bruxelles avaient presque tous répondu présents.

Cette rencontre-débat précédait la désormais traditionnelle projection d’un film en version audiodécrite par Les Amis des Aveugles dans le cadre du Festival International du Film d’Amour de Mons (FIFA)

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Table ronde – © World’n pix

Le Président des Amis des Aveugles et Malvoyants – Eric BALATE – a rappelé l’expertise de l’association en audiodescription débutée en 1999. Il a aussi souligné sa volonté de maintenir et multiplier les projections en salle autour desquelles le public déficient visuel peut partager des moments de convivialité et de rencontres.

Au terme de la rencontre-débat, Eric BALATE a constaté la nécessité des différents niveaux de pouvoir de se concerter sur cette problématique. Pour lui, aller à la rencontre de l’autre dans sa différence est incompatible avec la logique de marché. D’autant que le coût pour la mise en accessibilité est dérisoire. Et de conclure les débats en posant la question : « Faut-il attendre de légiférer en la matière ? ».

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Eric Balate – Président des Amis des Aveugles – © Les Amis des Aveugles

En prenant l’initiative de rassembler les parties prenantes sur cette thématique, Les Amis des Aveugles et Malvoyants ont montré qu’il est possible de faire l’unanimité autour de ce débat de société et d’avancer tous ensemble.

Compte-rendu des débats disponible sur demande.