Sensibilisation à l’audiodescription au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Audioscenic, EOP ! a. s. b. l. (The Extraordinary Film Festival – TEFF), Fondation I See, l’Œuvre Fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants, l’Œuvre Nationale des Aveugles (ONA), l’Œuvre Royale pour Aveugles et Malvoyants La Lumière, Les Professionnels de l’Audiodescription Francophone (PAF) ont mutualisé leur expertise et leurs efforts, et se sont rassemblés au sein d’une plateforme « Accessibilité à l’audiovisuel ». Mercredi 29 mars, celle-ci a sensibilisé le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’audiodescription qui permet de rendre la vie culturelle et récréative, les loisirs et les sports accessibles aux personnes déficientes visuelles comme le prévoit la Convention de l’ONU adoptée en 2006.

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Mémorandum.doc

Vous aussi, vous voulez faire la même expérience que les députés ? Alors, fermez les yeux et plongez-vous dans l’univers des sons…

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Les Amis des Aveugles au Parlement wallon

Ce 19 octobre, les Amis des Aveugles et d’autres associations typhlophiles sont au Parlement wallon afin de sensibiliser les députés régionaux à la déficience visuelle et aux problèmes liés à la thématiques. A lire ci-dessous le texte de leur interpellation.

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Interpellation des parlementaires wallons autour de la déficience visuelle

Préambule

En 2009, la Belgique ratifiait la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes en situation de handicap. Cinq ans plus tard, en 2014, le Comité des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées concluait que la Belgique avait encore du chemin à parcourir pour que soient garantis les droits des personnes en situation de handicap. Etaient notamment mis en évidence l’accès aux services de soutien, les problèmes structurels liés à l’accessibilité, la sous-représentation des personnes en situation de handicap sur le marché du travail et les efforts à maintenir en matière d’enseignement inclusif.

En 2016, la Belgique est à nouveau épinglée par le Commissaire aux droits de l’homme du conseil de l’Europe qui souligne que la Belgique ne respecte pas les droits des personnes handicapées à l’autonomie de vie et à l’inclusion dans la société. Droit inscrit dans la convention de l’ONU, l’autonomie et l’offre de service de proximité devraient constituer une priorité du gouvernement.

Devant l’urgence, nous formulons le vœu que l’intégration sociale des personnes ayant un handicap et l’amélioration de prestation des services de soutien personnalisés soient accélérés. Nous espérons des effets et des décisions en ce sens, de sorte que la Belgique aille dans le sens des recommandations formulées par le Comité et développe un plan d’intégration global.

L’inclusion des personnes en situation de handicap tout au long de la vie ne peut se réaliser qu’en adoptant une approche globale et transversale de la politique du handicap. Dans le cadre de la création de l’AVIQ, reprenant, en Région wallonne, les compétences transférées suite à la 6ème réforme de l’état, comment concevoir une politique du handicap efficace et efficiente, de nature à garantir le respect de toutes les recommandations issues de la Convention de l’ONU ?

Comment assurer que ce processus de décentralisation négociera avec succès le défi posé par la transversalité, en matière d’organisation ?

Certaines matières étant situées au carrefour de différentes politiques, comment les organiser de manière optimale afin de répondre aux besoins des usagers et aux inquiétudes du secteur ? Comment seront articulées les politiques de santé et du handicap, notamment pour ce qui touche aux conventions de rééducations fonctionnelles spécifiques ?

Comment garantir la mobilité des citoyens belges, dans le cadre des transferts de compétences ?

Face au vieillissement de la population, comment répondre aux besoins des aînés non et malvoyants qui bénéficient actuellement d’une aide plus que marginale. Comment favoriser le maintien à domicile et octroyer les aides publiques, quel que soit l’âge ?

L’accessibilité

Enjeu majeur des rapports sociaux, de l’autonomie, de l’inclusion dans la société et, partant, de la qualité de vie, l’accessibilité favorise l’élargissement de l’accès à la citoyenneté pour tous.

Inscrite dans une conception universaliste, elle devrait devenir un réflexe de manière à garantir l’accès à tout, pour tous et devrait représenter, dans le chef du législateur, le premier maillon de toute politique publique.

L’accessibilité universelle dépasse la problématique du handicap puisqu’elle vise à répondre aux besoins spécifiques de l’ensemble de la population qui peuvent être induits par leur taille, leur état, leur âge ainsi qu’en raison d’une déficience permanente ou temporaire. Concernant l’accès aux biens, services ou activités, l’accessibilité s’incarne dans des champs pluri-thématiques tels que la scolarisation, le logement, l’insertion professionnelles, les pratiques culturelles et sportives, etc.

Nous souhaitons que le gouvernement veille à adopter les mesures nécessaires au plan législatif, de manière à mettre en œuvre la mise en place d’un plan d’accessibilité global en Région wallonne, ainsi que le revendique notamment le CAWaB (Collectif Accessibilité Wallonie Bruxelles).

Nous espérons que le développement de biens, services et installations répondant au concept d’accessibilité universelle soient encouragés et, plus particulièrement :

  • Dans le domaine de la mobilité assistée par chiens guides où il reste nécessaire de renforcer l’accessibilité des chiens en fonction et des jeunes chiens en formation. En effet, bien que l’arrêté du Gouvernement Wallon de 2011 fixe le cadre de l’accessibilité des chiens guides, le principe de libre accès n’est pas encore garanti : manque d’information du grand public ou des professionnels concernés, dépôt de plainte en cas de refus d’accès fonctionnellement inexistant, procédure de dérogation au libre accès formellement inorganisée, etc. A ce stade, le décret ne permet donc pas aux personnes déficientes visuelles de faire valoir leurs droits.
  • Dans le domaine culturel, touristique et des loisirs (incluant également les pratiques sportives) où des moyens spécifiques doivent être mis en œuvre afin de répondre aux attentes du public à besoins spécifiques. L’accès à cette offre de service demande des interventions sur mesure, en ce compris l’utilisation des nouvelles technologies, l’adaptation des supports dont l’audiodescription (notamment au cinéma), la transcription, la transposition dans d’autres modalités sensorielles, etc.

Nous plaidons également pour que la formation initiale et continue des professionnels soit soutenue dans les matières intégrant, d’une part le handicap et, d’autre part l’accessibilité universelle de manière à la favoriser dans ses différents champs.

La scolarité

L’accompagnement scolaire permet aux jeunes déficients visuels d’être scolarisés dans les écoles ordinaires grâce à l’aide d’un accompagnateur. Les jeunes utilisent un matériel adapté et des transcriptions réalisées par les associations.

En quoi consiste le travail de l’accompagnateur : Il est présent au côté du jeune pour l’aider dans les matières les plus difficiles au niveau visuel (mathématiques, géographie…). Il accompagne l’élève en classe où lors de séances à domicile, plusieurs dizaines d’heures par mois. L’accompagnateur est aussi un soutien moral important dans les difficultés que rencontrent l’enfant et sa famille. Il est présent à chaque étape de la scolarité de l’enfant et travaille en étroite collaboration avec les enseignants sur le terrain. Il est le relai entre l’école, les parents et le jeune et fait également le lien avec le centre de transcription chargé de transcrire et adapter les cours.

Chaque année, de nombreux élèves terminent le cycle de l’enseignement secondaire et obtiennent leur diplôme. Si cela parait naturel, pour certains, comme les jeunes déficients visuels, ce moment marque l’aboutissement d’un projet marqué par de nombreuses embûches liées au handicap, ainsi qu’un investissement conséquent en temps et en énergie. L’accompagnement scolaire est très peu subsidié et pour certaines associations pas du tout subsidié.

Les associations assurent ce travail depuis de longues années (plus de 20 ans pour certaines d’entre elles) à la demande des parents qui sont démunis face à la scolarité de leur enfant. Les parents surtout en Wallonie, n’ont pas toujours la possibilité de scolariser leur enfant en enseignement spécialisé étant donné les distances importantes à parcourir. De plus, l’intégration en milieu scolaire ordinaire, s’il est bien accompagné est un véritable moteur pour l’autonomie et l’intégration dans la société.

Chaque année les associations doivent refuser de suivre certains jeunes faute d’encadrement suffisant, les familles se retrouvent donc sans solution. Il est indispensable de trouver une solution pour financer l’inclusion scolaire étant donné que les associations n’arrivent plus à faire face au nombre croissant de demandes.

L’aide aux personnes de plus de 65 ans

Toutes les personnes, indépendamment de leur âge, devraient pouvoir bénéficier des dispositions prévues par les pouvoirs publics.

Ceci ne se traduit malheureusement pas toujours dans la réalité puisque les personnes devenues handicapées après 65 ans ne bénéficient pas de toutes les aides régionales favorisant leur autonomie. Il en est ainsi des aides individuelles octroyées par les politiques régionales d’aide aux personnes handicapées telles que l’AViQ.

Ainsi, une personne aveugle ou malvoyante qui devient handicapée après 65 ans ne bénéficie d’aucune aide publique pour financer des cours de locomotion, l’achat d’une canne blanche ou encore l’acquisition d’une vidéo-loupe, d’une synthèse vocale ou d’une barrette braille.

Ces aides individuelles permettent pourtant à la personne handicapée âgée une meilleure qualité de vie et peuvent ainsi postposer voire écarter l’entrée en MR, MRS ou autres structures d’accueil collectif. Cette qualité de vie obtenue au domicile de la personne se double d’une économie financière importante pour la société.

Cette discrimination est contraire aux fondements de la Convention des Nations-Unies (notamment les articles 19 et 26) qui a pour objet de promouvoir, protéger et assurer la  jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour les personnes handicapées.

Cette situation discriminatoire exige une solution rapide d’autant plus que les aides individuelles constituent pour les personnes handicapées âgées un tremplin pour leur maintien à domicile. Ce problème est de plus en plus préoccupant dans la mesure où le nombre de personnes âgées (65 ans et plus) est en augmentation constante.

Ce questionnement tombe à point nommé puisqu’il s’inscrit dans la dynamique du transfert de compétences afférent à la 6ème réforme de l’État. Plus spécifiquement, les aides à la mobilité qui dépendaient de l’INAMI font partie du paquet institutionnel de cette 6ème réforme et une décision devra être prise sur la gestion de cette nouvelle compétence.

Il en va de la responsabilité du gouvernement wallon de voter au plus vite un budget permettant de répondre à ces besoins.

La surdicécité

Une personne est atteinte de surdicécité si elle présente un déficit à la fois visuel et auditif. Ces deux déficits sensoriels la mettent dans une situation qui n’est ni celle d’une personne uniquement malvoyante, ni celle d’une personne uniquement malentendante. La combinaison des deux implique des besoins et des moyens de communication adaptés, variables selon l’âge d’apparition et du degré des déficiences sensoriels.

Ces personnes sont atteintes de Surdicécité, handicap unique, résultat d’une double déficience.

La situation des personnes dites « sourdaveugles » est préoccupante, car méconnue. Au-delà des besoins liés à la déficience visuelle et des besoins liés à la déficience auditive, la surdicécité nécessite une prise en charge globale et multidisciplinaire de la personne.  Nous sommes en présence de deux déficiences qui forment un seul handicap et non la somme de deux handicaps.

La déclaration du Parlement européen sur les droits des personnes sourdaveugles prévoit notamment « le droit de recevoir une assistance particulière dispensée par des personnes possédant des compétences spécialisées ». (Journal officiel de l’union européenne, 1er avril 2014)

En Wallonie, il existe des services pour personnes déficientes visuelles et d’autres pour les personnes déficientes auditives, mais aucun pour les personnes en situations de surdicécité. Rares sont les professionnels qui connaissent la surdicécité, qui ont les moyens de communication (ex: langue des signes tactile, Haptic communication,…) et les outils pour comprendre leurs besoins et y répondre.Par contre, en Flandre, des structures adaptées existent.

Face à ce constat, une plateforme surdicécité s’est constituée d’associations et de professionnels du handicap sensoriel en Belgique Francophone ainsi que de témoins sourdaveugles.

Une enquête soutenue par l’AVIQ a mis en évidence le nombre, les besoins et les manquements spécifiques de ces personnes. Les résultats ont été présentés au Comité de Direction de l’AVIQ en juin 2015.

A ce jour, les personnes sourdaveugles et les professionnels attendent une reconnaissance officielle de la surdicécité comme handicap unique.

Il est maintenant indispensable de trouver les moyens pour:

  • Financer les formations des professionnels aux techniques d’éducation et de rééducation spécifiques et-
  • Permettre l’accès à l’information et à la communication par des interprètes spécialisés.

Conclusion

Bien que les principes pour construire une politique du handicap favorisant l’inclusion des personnes handicapées soient définis depuis de nombreuses années (notamment au travers de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées), force est de constater que ceux-ci ne sont pas encore implémentés, dans les faits.

Nous souhaitons que la politique du handicap se réalise de manière globale et transversale entre tous les niveaux de pouvoir et qu’elle réponde aux nombreuses inquiétudes des professionnels et des personnes directement concernées.

En particulier, nous plaidons pour que l’accès aux services de soutien soit optimisé, que l’actuelle mobilité des citoyens dans le secteur des soins soit maintenue et garantie et qu’une politique budgétaire forte, tenant compte des spécificités et besoins du domaine soit mise en place.

Ainsi, il nous semble indispensable qu’un plan d’accessibilité global soit mis en place et que, parallèlement, la formation initiale et continue des professionnels soit soutenue dans les matières intégrant, d’une part le handicap et, d’autre part l’accessibilité universelle. Dépassant la problématique du handicap et concernant tant l’accès aux biens qu’aux services et aux activités, ces mesures seront de nature à répondre aux besoins spécifiques d’une part importante de la population.

En matière de formation, l’enseignement inclusif constitue un véritable moteur pour l’autonomie et l’intégration dans la société. Nous insistons pour que les financements alloués à ce secteur tiennent compte des réalités de terrain et des besoins des enfants et des jeunes scolarisés. De manière complémentaire, il serait souhaitable que les services accompagnant ces jeunes dans leur scolarité soient subsidiés de manière à pouvoir répondre à tous.

La problématique du handicap se pose de façon tout à fait particulière dans le contexte de l’avancée en âge puisqu’au-delà de 65 ans, les personnes ne bénéficient pas de toutes les aides régionales auxquelles peuvent prétendre les plus jeunes. Dans une société où le nombre de personnes âgées est – et sera – en augmentation constante, il semble inconcevable que l’on ne puisse bénéficier des dispositions prévues par les pouvoirs publics, quel que soit l’âge. Par ailleurs, maintenir la qualité de vie de la personne âgée au domicile représente une économie considérable dans la mesure où l’entrée en maison de repos – ou autre structure – est retardé, voire annulé.

Enfin, nous souhaitons que le gouvernement reconnaisse officiellement la surdicécité comme handicap unique et trouve les moyens pour apporter les services nécessaires aux personnes souffrant de cette double déficience, à l’instar de ce qui se fait déjà en Flandre ou dans d’autres pays.

  • Amis des Aveugles et Malvoyants
  • La Ligue Braille
  • La Lumière
  • Œuvre nationale des Aveugles (O.N.A)

 

Les parlementaires bruxellois, la STIB et le CAWaB se mobilisent pour améliorer l’accessibilité des transports en commun bruxellois

Les Amis des Aveugles ont participé ce lundi 23 mai à une sensibilisation  des députés du Parlement bruxellois, organisée par le CAWaB (Collectif Accessibilité Wallonie-Bruxelles). L’objectif du jour était de montrer aux élus politiques les bons et les mauvais côtés du réseau des transports en commun bruxellois (STIB) en matière d’accessibilité.

Depuis plusieurs mois, la STIB et le Collectif Accessibilité Wallonie-Bruxelles (CAWaB) travaillent conjointement afin d’améliorer l’accessibilité du réseau de transports en commun bruxellois.

Malgré les efforts fournis, des difficultés persistent sur le terrain. Les parlementaires de la Commission Infrastructures du parlement bruxellois en ont eu écho et se sont manifestés auprès de la STIB et du CAWaB. Leur souhait : se rendre compte par eux-mêmes des embûches rencontrées par les personnes à mobilité réduite (PMR) pour ainsi apporter les meilleures réponses.

Une station de métro. la députée est près d'une borne directionnelle. Elle touche les reliefs et l'écriture braille.

Ce lundi 23 mai 2016, 13 parlementaires de la Commission Infrastructures ont donc approché la réalité des personnes en situation de handicap. Durant une après-midi, ils ont expérimenté ce que vivent les PMR au quotidien. Chacun a réalisé, en compagnie d’une PMR, un parcours en fauteuil roulant ou un déplacement en aveugle (sous bandeau). Une combinaison simulant la vieillesse était aussi mise à disposition. Chaque équipe a réalisé un déplacement en bus, en métro et en tram.

la députée est en bas d'un escalator qui monte. Elle est guidée par un labrador blanc

La députée Cieltje Van Achter s’est bandée les yeux et s’est laissée guider par la douce Rosabelle, labrador en formation au centre de formation de chiens guides des Amis des Aveugles. Elle a été impresionnée par le travail du chien guide et d’apprendre les besoins des malvoyants et aveugles qui empruntent régulièrement les transports en commun. Par exemple, les particularités des déplacements avec un chien guide, l’importance des contrastes, des lignes guides ou encore d’une synthèse vocale suffisamment audible et d’un affichage claire lui ont été expliqués.

 

Au terme de cette mise en situation, des échanges entre les parlementaires, la STIB et le CAWaB ont permis de parler des difficultés rencontrées et de mettre en avant la nécessité de renforcer la politique d’accessibilité du réseau de transports en commun bruxellois.

Reportage de la RTBF : http://www.rtbf.be/info/societe/detail_accessibilite-de-pmr-des-deputes-bruxellois-prennent-le-metro-en-chaise-roulante?id=9306907

Pour suivre l’activité du CAWaB : https://www.facebook.com/2025accessible/ ou encore https://sites.google.com/site/cawabasbl/

Transports en commun – Les Amis des Aveugles sensibilisent la ministre Jacqueline Galant et la secrétaire d’Etat Elke Sleurs

Ce mardi matin, deux personnes déficientes visuelles et une instructrice en orientation mobilité des Amis des Aveugles ont participé à une sensibilisation de la ministre fédérale de la mobilité Jacqueline Galant et de la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées Elke Sleurs. Les deux femmes politiques ont accepté, le temps d’un voyage en train, de se mettre dans la peau d’une personne déficiente visuelle.

Jacqueline GalantLes yeux bandés, la ministre fédérale de la mobilité Jacqueline Galant s’est rendue à la Gare de Mons et a demandé de l’aide au point d’assistance. L’occasion d’annoncer une réduction du temps de réservation d’une assistance à 3 heures au lieu de 24 heures au départ de 18 grandes gares (dont la gare de Mons). (Voir le communique de presse du 3 septembre 2015)

http://www.rtl.be/videos/page/rtl-video-en-embed/640.aspx?VideoID=550579

Suivant les conseils avisés de Caroline Rogier, instructrice en orientation mobilité du centre de réadaptation des Amis des Aveugles, la ministre a utilisé une canne blanche et a été conduite non sans mal jusqu’à son train.

« C’est impressionnant ! » a confié Jacqueline Galant au sortir de cette expérience. « On n’a aucun repère donc il y a cette peur de l’inconnu. On doit s’orienter à l’aide des dispositifs au sol. On s’accroche à l’accompagnateur car on a peur de heurter un obstacle. Je pense d’ailleurs que celui de Mons a un bleu au bras ! Au bout de quelques minutes, on prend véritablement conscience de la nécessité d’uniformiser les gares mais également de toute l’importance du service qui est mis à la disposition des personnes non-voyantes. » La Province

Lors du trajet Mons-Bruxelles, Hannelore et Belinda, personnes déficientes visuelles accompagnées de leurs chiens guides et suivies par notre association, ont pu discuter avec la ministre. Elles lui ont expliqué leur ressenti comme par exemple le manque d’annonce vocale dans les trains.

Selon l’agence Belga, « La ministre a trouvé très intéressant de se retrouver dans les mêmes conditions que des personnes handicapées », a indiqué la porte-parole de Jacqueline Galant. « La mesure d’assouplissement annoncée va dans le sens de la réflexion menée concernant la construction et l’aménagement de gares pour le confort des voyageurs et plus particulièrement des personnes handicapées. »

Arrivée à Bruxelles, Jacqueline Galand a rencontré la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, Elke Sleurs qui a vécu la même expérience coté flamand.

Elke Sleurs a éprouvé des difficultés dès l’embarquement, faute de pouvoir être systématiquement assistée par des bandes de guidage au sol. La secrétaire d’État a, en revanche, pu bénéficier avec succès de l’aide des collaborateurs de la SNCB. Elle a relevé la nécessité d’améliorer l’information apportée aux voyageurs par micro. La voix du préposé aux appels est moins audible que la voix numérisée, a-t-elle constaté à son arrivée à la gare du Midi. Selon elle, des appels supplémentaires devraient être proposés durant le voyage; il n’est pas toujours aisé, lorsque le train s’arrête, de savoir s’il s’agit d’une halte ou de la destination finale. Il n’est pas non plus évident pour les passagers malvoyants de savoir s’ils doivent quitter le train par la porte de gauche ou de droite. «Je ferai des propositions à ma collègue Galant dans les prochains mois. Il lui appartiendra de les mettre en œuvre à la SNCB», a conclu la secrétaire d’État N-VA.  L’avenir.

elke-sleursBien sûr, il reste de nombreux éléments à améliorer dans les transports en commun et notamment à la SNCB. Nous remercions la ministre Jacqueline Galant et la secrétaire d’Etat Elke Sleurs de s’être mises dans la peau de personnes déficientes visuelles le temps d’un instant. La sensibilisation peut parfois ressembler au mythe de Sisyphe mais ce travail d’information et aussi d’éducation est nécessaire pour faire prendre conscience aux décideurs politiques de la réalité du handicap visuel.

Exposition – Le Nez de Cyrano

Dans le cadre de Mons 2015, Les Amis des Aveugles en partenariat avec l’UMONS et le parfumeur Olivier Kummer, proposent une exposition sensorielle itinérante pour découvrir la pensée et le siècle de Cyrano de Bergerac. Particularité de l’exposition, les guides sont mal et non voyants.

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Baptisée « Le Nez de Cyrano », l’originalité de cette exposition réside dans son aspect sensoriel. D’une part, elle permet de se plonger au beau milieu du 17e siècle – époque de Cyrano de Bergerac – par les odeurs typiques de cette époque. Un bus itinérant, plongé dans le noir, contient des stations avec des fragrances comme par exemple l’odeur de l’iris. Des extraits sonores agrémentent la visite en contextualisant les odeurs senties. D’autre part, des guides déficients visuels ont été spécialement formés par Les Amis des Aveugles pour accompagner le visiteur dans l’obscurité et lui permettre de prendre conscience de ses autres sens.

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Robert, Alain et Laurence, trois des guides déficients visuels répètent leur gamme en humant quelques odeurs, entourés de Geneviève et Coralie.

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