EIDO, une nouvelle police adaptée aux malvoyants

Des chercheurs viennent de développer une nouvelle police de caractères adaptée aux personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Interview exclusive de Jean-Baptiste Bernard, chercheur au laboratoire de Psychologie Cognitive de l’Université d’Aix-Marseille.

Les patients atteints de DMLA, plus d’1 million en France, 30.000 en Belgique, se plaignent majoritairement de ne pas reconnaître correctement les mots qui composent un texte. Afin d’améliorer leur capacité de lecture, des chercheurs du Laboratoire de psychologie cognitive (CNRS et Aix-Marseille Université) ont développé une nouvelle police de caractères baptisée EIDO.

Exemple

Pourriez-vous nous expliquer brièvement le principe de cette police de caractères ?

La police EIDO se distingue des autres polices de caractères couramment utilisées grâce à des caractères aux formes optimisées qui ne se confondent pas entre eux. En effet, les faibles vitesses de lecture des personnes malvoyantes s’expliquent en partie par la forte proportion de confusions entre lettres physiquement similaires (par exemple, un b avec un d, un p avec un q, un h avec un l ou un e avec un c). La police EIDO a été définie de sorte à maximiser les différences physiques entre ces caractères fréquemment confondus en créant des différences d’orientation ou des formes plus marquées. La police EIDO est ainsi constituée de 26 lettres aux formes contrastées mais familières pour limiter le temps d’apprentissage des patients.

Est-elle unique ou existe-t-il d’autres polices de caractères adaptées au handicap visuel ?

Peu de polices de caractères qui sont destinées aux malvoyants existent, et aucune n’améliore à ma con-naissance les performances de reconnaissance de lettres, de mots ou de lecture chez les patients « basse vision ». Notre police de caractères est donc la première à montrer l’efficacité d’une police adaptée en termes de performance, du moins en ce qui concerne la reconnaissance visuelle de lettres et de mots.

Comment l’avez-vous mise au point ? Quelles sont ses avantages ?

Notre équipe du laboratoire de Psychologie Cognitive à Marseille a réfléchi à des formes visuelles simples qui peuvent se distinguer malgré la présence d’un handicap visuel. Il a fallu ensuite étudier les caractères qui étaient fréquemment confondus entre eux pour créer des différences physiques permettant d’éviter ces confusions. Éviter ces confusions permet ainsi aux sujets malvoyants de reconnaitre les caractères plus facilement, et donc les mots qui sont constitués de ces caractères.

Est-elle destinée juste à une utilisation numérique ? Envisagez-vous l’impression de livres ?

La force du numérique est de pouvoir instantanément modifier l’apparence physique d’un texte, et donc de passer facilement d’une police de caractère à une autre, comme l’on peut passer d’une taille de caractère à une autre. Utiliser la police de caractères EIDO pour l’impression de livres destinés à des personnes mal-voyantes est une possibilité envisageable dans le futur. Toutefois, nous avons besoin d’études complémentaires pour montrer qu’EIDO est efficace pour améliorer les performances de lecture des patients, avec notamment un test des effets d’un apprentissage poussé avec cette police de caractères.

Quelle a été la réaction des professionnels de la basse vision ?

La réaction des professionnels de la basse vision a été très enthousiaste, tout comme celle d’un grand nombre de patients qui ont pu l’utiliser. La possibilité de télécharger la police gratuitement a permis un retour d’une population importante de patients désirant améliorer leur performance de lecture. Un test à grande échelle est prévu prochainement pour tester l’efficacité de la police après un apprentissage plus important que lors de notre première étude, les utilisateurs dénotant un temps d’adaptation nécessaire avec EIDO.

Vis ma vie – Fauve Hautot dans la peau d’une personne aveugle

Vie-ma-Vie-NT1-Quand-Fauve-Hautot-reapprend-a-danser-a-l-aveugle_news_fullPour « Vis ma Vie », Fauve Hautot, jurée de l’émission Danse avec les stars, a accepté de perdre la vue, aux côtés de Fabienne, une danseuse malvoyante ! Celle qui tous les jours travaille la précision de ses mouvements devant un miroir, se lance un défi de taille : passer 24 heures les yeux bandés. Pour Fauve, qui a peur du noir, perdre la vue est tout simplement inimaginable, angoissant et insurmontable. Comment Fauve vivra-t-elle cette aventure ? Acceptera-t-elle de danser les yeux bandés ? Une expérience riche en émotions !

Replay disponible pendant une semaine : https://www.rtbf.be/auvio/detail_vis-ma-vie?id=2104349

ou https://www.facebook.com/FauveHautotOfficiel/videos/902432583172405/?hc_location=ufi

 

 

Sarina Cohn – S’évader dans la musique

TLG7_155057A 21 ans, Sarina Cohn est une jeune femme brillante et cultivée. Devenue non-voyante depuis quelques années, elle nous parle de sa passion pour la musique.

Depuis quand es-tu passionnée par la musique ?

Cela remonte à ma tendre enfance. C’est ma grand-mère qui était professeur de piano qui m’a initiée à la musique. Nous sommes une famille d’artistes car ma mère est artiste-peintre. J’ai appris le solfège, le piano, le chant et je gratouille aussi un peu de guitare.

Est-ce que tu composes tes propres musiques ?

Oui bien sûr, vous pouvez retrouver mes morceaux sur mon blog www.blogdesarina.net/ et aussi sur Youtube. J’aime écrire sur des personnes en particulier ou bien sur la nature. Mes textes parlent aussi beaucoup d’évasion.

Ton plus beau souvenir de concert ?

Question difficile car j’aime beaucoup me produire en concert même si cela fait un moment que je n’en ai plus fait. J’ai eu la chance de partager un concert avec la chanteuse Noa, j’en garde un très bon souvenir. J’ai participé aussi à des concerts classiques et même joué avec un orchestre symphonique. C’est très impressionnant de sentir derrière soi une vingtaine de musiciens.

Le passage de la Reine Mathilde aux Amis des Aveugles, le 28 avril dernier, m’a laissé un très bon souvenir. C’était une belle expérience de pouvoir l’atteindre et chanter devant une personnalité publique comme elle.

DSC06431Quels sont tes artistes préférés ?

J’écoute beaucoup de musique classique et aussi beaucoup de musique du monde, pas nécessairement des groupes ou des artistes en particulier.

Si tu étais une chanson, quelle serait-elle ?

Je n’ai pas de titre en tête mais je pense qu’elle serait mélancolique, triste et tourmentée. Je ne voudrais pas être une chanson que tout le monde fredonne mais plutôt un morceau unique.

Quels sont tes projets futurs ?

Pour l’instant, je participe à un stage intensif de chant lyrique. J’ai d’ailleurs cours dans peu de temps au château d’Enghien. C’est ma classe qui donne le concert en faveur des Amis des Aveugles chaque été. J’ai le projet de suivre un master en musicologie à Louvain-La-Neuve et de continuer le chant au conservatoire.