5/12 : journée internationale du volontariat – portrait de Caroline, bénévole malvoyante au SRA

Ce 5 décembre, journée internationale des volontaires ou appelée aussi journée mondiale des bénévoles, est l’occasion de remercier celles et ceux qui s’investissent dans la construction d’une société plus juste. Focus sur Caroline, trentenaire malvoyante toute récemment bénévole au sein du service résidentiel pour adultes (SRA) des Amis des Aveugles.

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Pourquoi es-tu devenue bénévole ?

Aider est un plaisir. Je me sens bien quand je viens en aide à une autre personne. Comme la déficience visuelle me tient à cœur, étant moi-même concernée, je me suis proposée pour réaliser quelques activités par semaine au service résidentiel pour adultes (SRA) des Amis des Aveugles. Le SRA accueille plus de trente résidents dont la déficience visuelle, partielle ou totale, est considérée comme le handicap majeur. Ce service s’adresse à des adultes de plus de 18 ans présentant éventuellement des troubles associés et qui ne pourraient vivre en autonomie.

Quels types d’activités proposes-tu aux résidents ?

Mon bénévolat a commencé début novembre, j’ai d’abord observé la manière dont fonctionnait l’équipe des éducateurs. Aujourd’hui, je réalise avec les résidents plusieurs activités dont la mise en place d’une chorale. Les éducateurs me font confiance et m’ont récemment confié le groupe de résidents pour cette activité.

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Caroline et les résidents du SRA pendant l’activité chorale

Je participe aussi à l’organisation de l’activité aquagym qui a lieu chaque mercredi. Mon rôle consiste à aider les résidents à s’habiller mais aussi à les recadrer spatialement dans le bassin. Je me place à un endroit et je leur indique quand ils dévient de leur trajectoire. C’est très sportif !

Quel est ton ressenti ?

Mon intégration tant dans l’équipe qu’avec les résidents s’est très bien passée car ils avaient auparavant été mis au courant par le directeur du service de mon arrivée. Ils connaissaient mon prénom avant que je n’arrive ce qui a facilité beaucoup de choses. Je me sens hyper à l’aise aussi bien avec les éducateurs qui m’ont accueillie chaleureusement comme si je faisais partie de l’équipe qu’avec les résidents avec qui je partage de bons moments. Bref, une belle aventure qui commence !

Comment as-tu connu Les Amis des Aveugles ?

Je connais l’association depuis une dizaine d’années. J’y suis arrivée pour un suivi ophtalmologique. Et il y a 3 ans, j’ai fait appel au CRF (centre de réadaptation fonctionnelle) car je voulais faire le nécessaire pour aller mieux et palier mes difficultés. Une démarche qui n’est pas simple mais j’en retire beaucoup de positif. Cela m’a permis de prendre conscience des aides possibles. Une ergothérapeute m’a donné des conseils pour améliorer certaines choses que je faisais et m’a recadrée par rapport à mes difficultés. J’ai notamment suivi les ateliers cuisine, jardinage et aussi reçu des astuces pour le rangement. Je participe aussi aux activités de loisirs depuis un an. En réalité, je dois beaucoup à mon assistante sociale qui a tenu un rôle essentiel en m’aidant à reprendre le cap et à construire des projets. Grâce à elle, j’ai retrouvé confiance en moi.

Quel est ton parcours en tant que personne déficiente visuelle ?

Je suis atteinte d’une maladie neuromusculaire diagnostiquée à l’âge de 5 ans. C’est une maladie génétique qui abîme le nerf optique. Ma vue est fluctuante au cours de la journée, en fonction de certains éléments (surtout la fatigue). Comme il s’agit d’une maladie orpheline, on ne sait pas très bien me dire quel sera l’avenir. J’ai été intégrée dans l’enseignement ordinaire du primaire au supérieur (Caroline est graduée en droit). Cela s’est passé sans beaucoup d’aide matérielle. Je crois qu’à l’époque les techniques étaient moins évoluées que maintenant. J’utilisais, par exemple, une télé-loupe à la maison et une grande quantité d’agrandissements. Ce n’était pas évident car du coup mon cartable était très lourd (rires).

En cette journée dédiée aux bénévoles et volontaires, nous remercions chaleureusement les personnes qui, en nous rejoignant, contribuent à porter nos projets pour une plus grande autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes.

Sarina Cohn – S’évader dans la musique

TLG7_155057A 21 ans, Sarina Cohn est une jeune femme brillante et cultivée. Devenue non-voyante depuis quelques années, elle nous parle de sa passion pour la musique.

Depuis quand es-tu passionnée par la musique ?

Cela remonte à ma tendre enfance. C’est ma grand-mère qui était professeur de piano qui m’a initiée à la musique. Nous sommes une famille d’artistes car ma mère est artiste-peintre. J’ai appris le solfège, le piano, le chant et je gratouille aussi un peu de guitare.

Est-ce que tu composes tes propres musiques ?

Oui bien sûr, vous pouvez retrouver mes morceaux sur mon blog www.blogdesarina.net/ et aussi sur Youtube. J’aime écrire sur des personnes en particulier ou bien sur la nature. Mes textes parlent aussi beaucoup d’évasion.

Ton plus beau souvenir de concert ?

Question difficile car j’aime beaucoup me produire en concert même si cela fait un moment que je n’en ai plus fait. J’ai eu la chance de partager un concert avec la chanteuse Noa, j’en garde un très bon souvenir. J’ai participé aussi à des concerts classiques et même joué avec un orchestre symphonique. C’est très impressionnant de sentir derrière soi une vingtaine de musiciens.

Le passage de la Reine Mathilde aux Amis des Aveugles, le 28 avril dernier, m’a laissé un très bon souvenir. C’était une belle expérience de pouvoir l’atteindre et chanter devant une personnalité publique comme elle.

DSC06431Quels sont tes artistes préférés ?

J’écoute beaucoup de musique classique et aussi beaucoup de musique du monde, pas nécessairement des groupes ou des artistes en particulier.

Si tu étais une chanson, quelle serait-elle ?

Je n’ai pas de titre en tête mais je pense qu’elle serait mélancolique, triste et tourmentée. Je ne voudrais pas être une chanson que tout le monde fredonne mais plutôt un morceau unique.

Quels sont tes projets futurs ?

Pour l’instant, je participe à un stage intensif de chant lyrique. J’ai d’ailleurs cours dans peu de temps au château d’Enghien. C’est ma classe qui donne le concert en faveur des Amis des Aveugles chaque été. J’ai le projet de suivre un master en musicologie à Louvain-La-Neuve et de continuer le chant au conservatoire.

 

Fin du tournage de Coeur en braille de Michel Boujenah

Comme nous vous le racontions dans l’article précédent, Michel Boujenah était en tournage à la Résidence Comtesse Madeleine d’Oultremont pour son prochain film, « Cœur en braille ».

Petite anecdote de tournage : la jeune actrice, Alice Vaillot, qui interprète le rôle de Marie joue elle-même du violon dans le film. Musicienne de talent, elle a eu l’occasion entre les prises d’offrir plusieurs morceaux de violon et de piano aux résidents. Charles Berling qui interprète le rôle du père de Marie s’est aussi prêté au jeu en s’adonnant à quelques improvisations.

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Jules, jeune figurant non-voyant et suivi par le centre de réadaptation de l’association a aussi été initié au piano par Alix.11950355_971794709528452_2094125923619837388_o11953328_971794729528450_6212352304107888514_o

Sur le t-shirt de Jules est écrit « Je ne vois rien mais je m’en fous », signe que ce film ne sera assurément pas un film triste !

Avant de partir, Michel Boujenah s’est prêté à une séance de dédicaces et de photos ouverte aux membres du personnel et aux résidents qui le souhaitaient.Aujourd’hui, la vie à la résidence reprend son cours. La direction remercie les résidents et leur famille pour leur patience ainsi que le personnel pour son dévouement à maintenir le confort des résidents au centre des préoccupations pendant ces trois journées de tournage.

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11148856_971794842861772_3711591918606527677_oSignature de notre livre d’or (juste après la Reine Mathilde)

Il a écrit : « A tous vraiment merci de votre accueil, de votre tendresse, de votre gentillesse. Je reviendrai avec le film. Bisous – Michel Boujenah – PS. Merci à Laurent (le directeur de la Résidence Comtesse Madeleine d’Oultremont)

En images – Reportage de Télémb sur la première journée de tournage :

http://www.telemb.be/embded_telemb.php?id=16564

Une nouvelle édition pour l’Unisound BW Festival

unisound1Le vendredi 3 juillet 2015 se déroulera la deuxième édition de l’Unisound BW Festival au Parc à Mitrailles à Court-Saint-Etienne. Avec plus de concerts et plus d’animations, l’édition 2015 s’annonce d’ores et déjà très prometteuse.

Après avoir attiré plus de 700 personnes et suite aux nombreux retours positifs des festivaliers lors de sa première édition, l’Unisound se devait de revenir cette année!

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Frédéric Lamory – nouvel album

Frédéric Lamory, non voyant de naissance, présente sa passion pour la musique et son deuxième album « Son métier d’homme » sorti dans les bacs le 17 octobre.

Comment est née votre passion pour la musique ?

J’ai appris à jouer du piano vers l’âge de 6 ans. Je devais jouer des mor­ceaux de musique classique. Mais ce n’était pas mon truc parce qu’à la maison, mes parents écoutaient beaucoup de musiques de variétés. Vers 9-10 ans, je me suis mis à reproduire des chansons enten­dues à la radio. Ma préférée était de loin « Hello » de Lionel Richie. L’apprentissage du piano de­mande du temps car il faut maîtriser le code braille qui permet de lire des partitions. Il fallait ensuite mémoriser les notes pour pouvoir les reproduire sur le clavier. Je pratique aussi le chant depuis l’âge de 3-4 ans.

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