Prouver son handicap ? Utilisez la European Disability Card

A partir d’aujourd’hui, toute personne qui souhaite prouver son handicap à la caisse d’un musée, d’un parc d’attractions ou d’un centre sportif aura moins de difficultés grâce à la European Disability Card. Tant attendue, cette carte favorise l’accès des personnes en situation de handicap à la culture, au sport et aux loisirs et offre une série d’avantages dans ces domaines.

Qu’est ce que la European Disability Card ?

Cette carte personnelle permettra de demander beaucoup plus facilement des avantages pour personnes handicapées auprès des institutions sportives, culturelles et de loisirs participantes.

Souvent, les personnes présentaient des attestations de médecins, des documents d’une institution particulière ou une carte de stationnement, ce que les personnes à la caisse ne pouvaient pas toujours vérifier facilement. La European Disability Card a une photo et une durée de validité et peut donc être facilement contrôlée.

Comment se la procurer ?

Dans une première phase du projet, la European Disability Card sera délivrée sur demande. Les personnes handicapées, reconnues par le SPF Sécurité sociale, AVIQ, PHARE, VAPH ou encore DPB, peuvent la demander auprès de l’une de ces 5 institutions : celle où elles ont leur dossier.

Comment et où utiliser la carte ?

  • Vous pouvez utiliser l’European Disability Card dans les domaines de la culture, du sport et des loisirs (par exemple les cinémas, théâtres, musées, parcs d’attraction…).
  • Consultez les sites d’informations, publicités, flyers, etc. du lieu où vous vous rendez, ou contactez l’organisateur : il vous informera sur les avantages proposés aux personnes qui bénéficient de la carte.
  • La carte peut être utilisée en Belgique mais également dans l’un des 7 autres pays de l’Union européenne participants : Chypre, l’Estonie, la Finlande, l’Italie, Malte, la Slovénie et la Roumanie.
  • La carte est strictement personnelle. Ses avantages vous sont exclusivement réservés. Vous devez toujours être en possession de la carte pour bénéficier des avantages.

Quelques exemples d’avantages ?

Les organisateurs d’activités culturelles, sportives ou de loisirs qui acceptent la carte sont libres de choisir les avantages qu’ils accordent. Il leur est par exemple proposé d’octroyer :

  • la gratuité ou les réductions de tarif pour la personne handicapée et/ou son accompagnant (ou interprète)
  • Un audio/visio guide gratuit
  • Des brochures ou plaquettes explicatives adaptées à différents besoins (en braille ou « faciles à lire » par exemple)
  • Des visites guidées adaptées (en langue des signes par exemple)
  • Une réduction sur les visites guidées
  • Des places accessibles et réservées
  • Un pass spécifique dans les parcs pour un accès plus aisé aux attractions
  • Etc.

Vous trouverez plus d’informations sur le tout nouveau site web www.eudisabilitycard.be

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Quand l’amour de la lecture est plus fort que le handicap …

Sabine est malvoyante depuis très longtemps. Elle a toujours aimé lire malgré la perte progressive de vision et a du s’adapter pour pouvoir continuer à dévorer des histoires. Elle nous propose de partager ses dernières découvertes littéraires.

« Le fait d’être malvoyante, depuis que je suis bébé, ne m’a jamais empêché de lire. Je peux même dire que je suis une lectrice boulimique. Je devrais plutôt dire « étais » car à partir de 2012, il m’est devenu de plus en plus pénible de lire.

En 2013, j’ai été prise en charge par le centre de réadaptation des « Amis des Aveugles et Malvoyants » et les thérapeutes m’ont parlé des alternatives possibles : livres à grands caractères, liseuses, livres audio…

Dans un premier temps, j’ai opté pour les livres à grands caractères et j’ai testé la liseuse. J’ai vite renoncé à cette dernière car la taille des caractères limitait le nombre de mots par page et j’en ai eu vite marre de devoir sans arrêt « tourner les pages » ! Quant aux livres à grands caractères, c’était bien mais j’étais vite fatiguée et, de plus, je ne trouvais pas toujours ce dont j’avais envie, d’où un sentiment de frustration…

Et puis, au début de cette année, un déclic s’est produit, après une séance aux Amis des Aveugles : je « devais » passer aux livres audios. J’ai donc commencé à tester des supports, puis à chercher des endroits où je pourrais acheter mes livres.

J’ai alors dépensé une fortune en livres sur CD ! Waouw ! Quel bonheur de m’adonner à nouveau à ce plaisir. Je me suis vite rendue compte que mon budget allait drôlement souffrir de cette passion ressuscitée. J’ai donc cherché du côté des plateformes de téléchargement.

Et bien voilà… J’ai aujourd’hui retrouvé le plaisir de lire. J’ai même écouté des livres que j’avais lus. Vous ne me croirez peut-être pas mais je les ai découverts autrement, j’y ai même perçu des détails qui m’avaient échappé lors de ma lecture classique.

Petit Pays – Gaël Faye

En quelques mots : après La nuit de feu, Eric-Emmanuel Schmitt poursuit son exploration des mystères spirituels dans un roman troublant, entre suspense et philosophie.Tout commence par une explosion à la sortie d’une messe. Le narrateur était là. Il a tout vu. Et davantage encore, il possède un don unique : voir à travers les visages et percevoir autour de chacun les êtres minuscules –souvenirs, anges ou démons- qui le motivent ou le hantent.Est-ce un fou ? Ou un sage qui déchiffre la folie des autres ? Son investigation sur la violence et le sacré va l’amener à la rencontre dont nous rêvons tous…

Ce qui m’a plu : j’aimerais vous recommander l’un des derniers livres que j’ai écoutés : « Petit pays » de Gaël Faye. L’auteur lit lui-même le livre ce qui est un « plus » appréciable ! Il raconte l’émergence du génocide au Rwanda. Il narre le quotidien de Gabriel, jeune Franco-Rwandais avant le génocide mais aussi pendant, jusqu’à sa fuite vers la France. Le livre cumule humour, légèreté, poésie avec drame, horreur, réflexion. Un beau récit à s’offrir !

Eric-Emmanuel Schmitt, « L’homme qui voyait à travers les visages »

En quelques mots : Augustin, jeune journaliste stagiaire est le témoin du premier d’une série d’attentats qui secouent Charleroi. Il est alors embarqué, malgré lui, dans l’enquête. Entraîné par les différents acteurs des événements, dont il espère être si pas apprécié, remarqué, Augustin est écartelé entre les facettes de cette enquête à géométrie variable et englué dans une réflexion philosophique et religieuse…

Ce qui m’a plu : le suspense ! Et les dénouements en cascades ! Mais également le fait que l’auteur se mette en scène dans l’intrigue…

 

Voilà donc l’étape franchie : ma vue peut encore décliner, j’ai maintenant les clés d’une lecture toujours possible et c’est un pur bonheur !

Bonnes lectures !

Sabine

« Nuit blanche » accessible aux aveugles et malvoyants le 07 octobre à Bruxelles

Le 7 octobre, l’évènement culturel Nuit Blanche envahit le Parc de Bruxelles et ses alentours avec plus de 20 projets artistiques dans des lieux insolites ! Grâce au service “Blind Date”, découvrez le parcours et les projets à travers un accompagnement personnalisé.

Nuit blanche pour tous

NUIT BLANCHE entend favoriser l’accès à la culture pour tous. Pour la 6ème édition consécutive, le programme d’accessibilité ouvre l’évènement à tous les publics, en particulier aux personnes porteuses d’un handicap, en améliorant l’accessibilité des lieux et des projets.

A travers un thème fort comme « Power Games », NUIT BLANCHE invite chacun à questionner son rapport à l’autre. Le choix de projets artistiques comme HUG, une performance de chant vécue les yeux bandés, prive le spectateur de ses repères et le contraint à vivre l’expérience uniquement à travers ce qu’il peut percevoir : le son, la respiration et la vibration des corps.

Cette année, plus de la moitié des projets artistiques sont rendus accessibles aux personnes en chaise roulante, déficients visuels et déficients auditifs.

Avec la collaboration de partenaires extérieurs, un parcours spécifique est aménagé, en plus d’une information accessible et d’un accueil personnalisé. De plus, l’enthousiasme et la créativité des artistes de NUIT BLANCHE offrent à ce public la possibilité d’approcher les œuvres autrement, parfois en faisant appel aux dimensions tactiles, olfactives et gustatives, poussant ainsi à la réflexion et à l’échange de points de vues.

Intéressé(e) ? Inscrivez-vous par mail à info@nuitblanchebrussels.be
Plus d’infos > www.nuitblanche.brussels/nuitblanchepourtous

Vivez la danse autrement

À l’invitation du Kaaitheater de Bruxelles et de ses partenaires européens Wiener Tanzwochen, CND (Paris) et The Place (Londres), Vera Tussing et Anne Juren créent des œuvres dont peuvent pleinement jouir des personnes non-voyantes ou malvoyantes. Un choix qui favorise le toucher vis-à-vis du regard, la proximité vis-à-vis de la distance.

Faut-il vraiment le voir pour le croire ?

https://www.kaaitheater.be/sites/default/files/styles/4_5_portrait/public/article/piet_devos.png?itok=CPxfMoyRPiet Devos – aveugle depuis qu’il a cinq ans – a ressenti, entendu et vécu différentes sortes de danse et vient partager ses expériences avec le public du Kaaitheater : « Je pense que pour les malvoyants et les aveugles, la danse peut représenter un véritable voyage de découverte. »
> Lisez l’interview complète

Les spectacles

Volmir Cordeiro — L’œil la bouche et le reste

Après une série de solos,   Volmir Cordeiro crée un premier spectacle pour quatre danseurs. Dans « L’œil la bouche et le reste », il nous invite à considérer différemment l’acte de regarder. Il part de l’œil pour toucher tout ce qui est sphérique : le soleil, un œuf, la lune, une arène. Il crée une danse censée reproduire les actions et les fonctions physiques de l’œil : pleurer, fixer, cligner, épier… L’intériorité, la latence et même le pré-humain et le cannibale sont mis à nu lors de cette quête intense, quasi obsessionnelle de la danse et de l’innommé.

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Quand ? mercredi 18 octobre 2017 – 19h30

Prix ? € 10 (tarif réduit) – votre accompagnateur ne paie rien

Langue ? Audiodescription en français et néerlandais.

Mette Edvardsen — We to be

Mette Edvardsen étend considérablement l’espace d’interprétation classique. Elle joue « We to be » dans trois lieux à la fois : le livre dont elle fait la lecture à haute voix, la scène vide qui fait office d’écran de projection de l’imagination du spectateur et les ondes radiophoniques à travers une diffusion en direct. Avec ce spectacle, Mette      Edvardsen achève une trilogie dans laquelle la langue et la voix prennent le dessus et l’aspect visuel se déplace vers l’imaginaire du public.

Quand ? vendredi 20 + samedi 21 octobre 2017 – 20h00

Prix ? 10 € (tarif réduit) – votre accompagnateur ne paie rien

Quoi ? théâtre/performance, en anglais

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Vera Tussing — The Palm of Your Hand II 

En 2015, Vera Tussing a créé le spectacle « The Palm of Your Hand » dans lequel des actes sociaux et des motifs chorégraphiques classiques frôlaient de très près les spectateurs – disons plutôt les participants. À présent, Vera Tussing retravaille le spectacle de manière à le rendre accessible aux malvoyants et aux non-voyants. Voilà pourquoi la chorégraphie communique à présent au-delà du purement visible. Une interaction continue entre performeurs et public s’ancre dans une connivence tacite. Avec ses co-spectateurs, on balise une surface de jeu en forme d’ellipse : une danse du frôlement.

Quand ? vendredi 17 novembre à 19h30 + samedi 18 novembre à 21h00

Prix ? 10€ (tarif réduit) – votre accompagnateur ne paie rien

Quoi ? danse/performance, sans paroles

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Anne Juren – Anatomie

Comment une chorégraphie mentale peut-elle procurer un sentiment de mouvement ? Dans « Anatomie », Anne Juren crée une partition de mouvements pour viscères et fonctions corporelles. Alors qu’on est allongé sur un tapis, les yeux clos, sa voix nous guide à travers notre corps et notre esprit. Pour la recherche effectuée pour cette « danse » – recherche qui s’est articulée autour de la tache aveugle –, Anne Juren a travaillé avec des personnes malvoyantes. Leurs expériences se sont transformées en matériau pour créer une chorégraphie « dans » le corps.

Quand ? vendredi 17 novembre à 21h00 + samedi 18 novembre à 19h00

Prix ? 10 € (tarif réduit) – votre accompagnateur ne paie rien

Quoi ? performance, en anglais

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Vera Tussing — The Palm of Your Hand for kids (4-12 ans)

Serrer la main, saluer avec un high five, s’appuyer sur l’épaule de quelqu’un : dans « The Palm of Your Hand », les danseurs cherchent le contact avec le public. Du sens du toucher aux petits jeux en cercle en passant par des signes de solidarité, avec Vera Tussing on part à l’aventure ! Après s’être produite deux soirs pour les adultes, c’est au tour des enfants !

Quand ? dimanche 19 novembre à 15h00

Prix ? gratuit

Infos pratiques

  • Vous payez le tarif réduit, votre accompagnateur vous escorte gratuitement
  • Les chiens guides d’aveugles sont les bienvenus, mais veuillez juste nous en informer au préalable.
  • Vous souhaitez de l’assistance pour le trajet de la gare du Nord au Kaaitheater ? Nous serons heureux de vous l’offrir.

Contact

Hilde Peeters

Kaaistudio’s, 81 rue Notre Dame du Sommeil, 1000 Bruxelles

t +32 2 274 03 88

m +32 477 60 81 16

hilde.peeters@kaaitheater.be

Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) – « Ce qui nous lie » en audiodescription le 02 octobre

INVITATION

Dans le cadre du Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF), l’Œuvre fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants vous invite à la projection du film audiodécrit

« CE QUI NOUS LIE »

Un film de Cédric Klapisch

le lundi 2 octobre 2017 à 18h00

au cinéma Caméo, rue des Carmes à Namur.

 

Le film a été audiodécrit par l’asbl Les Amis des Aveugles, avec le soutien de la Wallonie. L’audiodescription consiste en l’insertion de commentaires descriptifs sur la bande originale du film. Notre manière de travailler préserve la spontanéité et ne dénature pas l’œuvre originale. Chacune de nos audiodescriptions est validée par une personne déficiente visuelle employée au sein de notre association.

Attention, le nombre de places est limité. Merci de confirmer votre participation avant le 26/09 par mail via n.philippart@amisdesaveugles.org ou au 065 40 31 00 en précisant votre nom, prénom et si vous êtes accompagné(e).

SYNOPSIS: « Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que « le vin qu’ils fabriquent ».

 

Raconter ses rêves : recherche de témoignages de personnes déficientes visuelles

Voyages et réflexions ont amené Thibaut Drouillon à se pencher sur l’art. le jeune artiste s’est toujours intéressé aux sons s’articulant dans notre quotidien, par exemple, l’ambiance et l’émotion que ces ondes peuvent procurer de façon personnel chez chacun d’entre nous. Il recherche des personnes déficientes visuelles qui accepteraient de lui raconter leurs rêves dans le but d’enrichir son dernier projet : percécité. Il s’agit d’une transposition du code braille sur une portée musicale délivrant un message particulier. Percécité – Thibaut Drouillon

Les rêves… fruits de notre inconscient auxquels on s’efforce de donner un sens. Derrière ce travail, se cache un rêve : un aveugle lisant en braille la phrase suivante : « Et à ce moment-là, je compris que j’étais le seul à le voir. ».

On y trouve une inversion des rôles presque ironique : face au braille une personne atteinte par la cécité est plus apte à déchiffrer ce code d’écriture que bon nombre d’individu possédant la vue.

Par cette pièce, cette réinterprétation, l’artiste aspire à faire vivre ce rêve et ces questions aux visiteurs.

Coordonnées : Thibaut Drouillon – drouillonthibaut@gmail.com – 0474 / 104 496

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Lucy Kloeck – la musique comme métier

Lucy est une jeune maman, très malvoyante, atteinte d’une  amaurose congénitale de Leber (dégénérescence de la rétine). Passionnée par la musique, elle a décidé à l’âge de 18 ans d’en faire son métier.

Quel a été votre parcours ?

La maladie de Leber est une maladie qui cause une perte de vision progressive. Par exemple, à l’école primaire, j’utilisais des agrandis en format A3 et puis ensuite en secondaire, je suis passée à l’écriture braille. En primaire, j’ai suivi l’enseignement ordinaire dans l’école de mon village avec l’aide d’accompagnateurs à raison d’une fois par semaine. Pour parfaire ma connaissance du braille et aussi développer l’utilisation de la canne blanche, j’ai suivi les quatre premières années du secondaire en internat dans l’enseignement spécialisé. Le rythme était plus lent et un peu plus détendu. Je suis retournée dans l’enseignement ordinaire en 5e et 6e secondaire mais comme nous avions déménagé, je n’ai pas pu revenir dans l’école de mon village. C’était plus compliqué de s’intégrer avec des adolescents qui n’étaient pas sensibilisés à la déficience visuelle et aussi plus compliqué de reprendre un rythme plus soutenu.

Depuis quand jouez-vous de la musique et comment avez-vous appris ?

J’ai commencé à apprendre à jouer du violon vers l’âge de 9 ans. Mon professeur a utilisé la méthode Suzuki. Selon cette méthode, on apprend à jouer à l’oreille avant de connaître les règles de solfège. Des chiffres symbolisant les doigts ou les cordes à employer sont placés au dessus des notes des partitions pour dévelop­per la mémorisation. Au fur et à mesure, on enlève les chiffres. J’utilisais pour cela des partitions agrandies. J’ai appris aussi la guitare lorsque j’étais en internat. Une ergothérapeute apportait sa guitare pour nous apprendre, pendant son temps libre, quelques accords basiques d’abord, de plus en plus compliqués ensuite. A l’âge de 18 ans, j’ai eu la sur­prise d’être admise à l’Institut Lemmens de Leuven pour poursuivre des études supérieures dans la mu­sique. J’y ai appris le piano, le chant, la flûte à bec et les percussions. En 3e année, j’ai choisi de me spéciali­ser dans la musicothérapie. Je me passionne aussi pour la musique ancienne, la musique baroque (mais pas les œuvres symphoniques du romantisme tardif) et la musique atonale.

Pourquoi avoir fait de la musique un métier ?

Il faut être honnête, le choix des métiers possibles quand on est déficient visuel, est plus restreint. Bien sûr, j’aurai pu étudier la médecine mais je n’aurais pas su quoi en faire et surtout pas la pratiquer (rires). Et puis, je ne me voyais pas dans un boulot administratif. C’est donc tout naturellement que j’ai choisi la musique et ainsi vivre de ma passion. Mais pas en tant qu’artiste. Je ne peux pas jouer dans un orchestre professionnel car il faut avoir de bons yeux. Pour jouer comme soliste, le niveau est très exigeant. J’ai donc commencé ma carrière en donnant des cours de musique en 1re et 2e secondaire. C’était très chouette mais aussi très lourd de gérer des classes de plus de 20 étudiants. Depuis 10 ans, je travaille à Leuven dans une académie de musique qui propose des cours de solfège et de culture musicale pour des enfants aveugles et malvoyants.

Comment se passent les leçons ?

J’enseigne essentiellement à des enfants déficients visuels mais cela m’arrive de donner cours à des élèves qui ont plus de difficultés à apprendre le solfège. Je travaille soit individuellement avec l’élève, soit en petits groupes. Pour cela, nous utilisons des manuels transcrits en braille ou en grands caractères. Les élèves peuvent aussi apprendre à l’oreille. En règle générale, on travaille un peu moins car on prend plus le temps d’aller en profondeur. J’aide mes élèves à apprendre par cœur. Pour l’apprentissage des rythmes, j’ai développé un système tactile basé sur des briquettes de Lego. Chaque valeur rythmique correspond à une briquette si bien que les élèves peuvent les recomposer facilement en les disposants sur une plaquette de Lego.

Pensez-vous que les déficients visuels ont un sens de l’audition plus développé ?

Non, je ne pense pas. En tant que déficient visuel, nous nous concentrons sans doute plus que les autres mais avoir l’oreille musicale est une toute autre chose. J’ai déjà eu des élèves déficients visuels qui chantaient très faux (rires).

Première sortie de longe-côte adaptée aux aveugles et malvoyants.

En exclusivité le 24 juin, venez vivre un loisir pas comme les autres. Le longe-côte est une randonnée aquatique qui consiste à marcher en mer une fois l’eau à la taille, en groupe, en file indienne. Un bol d’air marin qui vous fera du bien ! 

Le longe-côte : une randonnée aquatique peu banale

A l’initiative de Grégory Dubois, jeune trentenaire sportif et déficient visuel (retrouvez son portrait en cliquant sur ce lien), l’ASBL Les Amis des Aveugles, est la première association belge à participer le 24 juin à une sortie longe-côte organisée dans le Nord de la France. « Ce sport, à la base pour les voyants, consiste à marcher dans l’eau de mer en combinaison. Ça ne paraît pas physique mais c’est physique. Après tout, il y a la force de l’eau, les vagues, les marrées, le vent et j’en passe ! », nous explique Grégory.

Le jeune homme, montois d’origine, a découvert ce sport, il y a quelques années, un peu par hasard.  » Ma mère avait commencé à faire du longe-côte et je ne l’avais pas prise au sérieux. Tout est parti d’une boutade. Je lui ai lancé un jour : marcher dans l’eau, c’est un sport pour grand-mère ! Elle m’a mis au défi de faire mon baptême. Je me souviens qu’il y avait beaucoup de vagues ce jour-là et quand je suis sorti de l’eau, j’étais épuisé… J’ai dormi tout l’après-midi. Puis, pour des raisons de santé, ma mère a dû arrêter et mon père a voulu tenter un baptême, le 13 juin 2015, à l’occasion des journées de la mer à Bray-Dunes, tout près de Dunkerque. ». (Source :La Province)

Une activité adaptée aux personnes déficientes visuelles

« Étant presque aveugle, au début, je tenais ma mère par les épaules, ce qui était une très mauvaise technique. Je n’étais pas libre, plus lent et toujours avec elle et ce n’était pas une bonne façon de rencontrer les gens. »

Pour pouvoir pratiquer le longe-côte avec son fils, Patrick Dubois, va alors avoir une idée révolutionnaire : il va développer une première barre guide afin de pouvoir l’orienter dans l’eau, sans devoir le tenir par la main ou par les épaules Jusqu’en avril 2016, Grégory et son père vont ainsi pratiquer ce sport comme un simple loisir, tout en cherchant à améliorer leurs performances dans l’eau. « Au départ, j’ai inventé cette barre guide pour des raisons de sécurité. L’avantage, c’est que la personne non-voyante ne se tient pas sur les épaules de la personne valide. Ainsi, s’il y a une vague, elle n’aura pas le réflexe de la pousser dans l’eau. Beaucoup de gens ont également une répulsion à tenir, par exemple, un aveugle par la main pour le guider. Et de cette façon, la personne non-voyante est passive. »

Plusieurs autres barres guide ont été développées, dont un modèle de compétition et une autre permettant de guider trois personnes non valides ou affaiblies par une maladie grave. Mais l’intérêt pour cette barre dépasse le monde restreint du longe-côte. Des clubs de marche en montagne se sont aussi manifestés afin d’acquérir un exemplaire.  »  On ne s’y attendait pas du tout ! Notre souhait à présent est que cette invention soit protégée et que mon père soit reconnu comme étant l’inventeur. On espère qu’elle se développera à grande échelle. Notre but n’est pas de gagner de l’argent mais avant tout d’aider les gens « , conclut Grégory. (Source La Province)

Infos pratiques

Sortie prévue le samedi 24 juin – GRATUIT (14h30 – Salle Dubois, rue Jean Baptiste Charcot – 59495 Leffrinckoucke). Les combinaisons vous seront fournies mais pensez au nécessaire de douche !

Inscriptions et renseignements sur les possibilités de prises en charge au 065 40 31 00 ou s.sports-loisirs@amisdesaveugles.org

Accessibilité de l’Apple Watch

Le site « les tactiles.be » est le fruit d’une collaboration entre le CRETH, des personnes
handicapées et des professionnels du monde du handicap. Vous y trouverez des fiches et vidéos de solutions classées selon le type de handicap.
Les informations concernant le handicap visuel se trouvent ici : https://www.lestactiles.be/category/visuel/

Parmi les dernières fiches publiées, le site propose une analyse de l’accessibilité de la montre tactile « Apple Watch ». Découvrez l’analyse en cliquant sur le lien suivant :  https://www.lestactiles.be/fiches/wp-content/uploads/2017/04/MAT_Apple_Watch.pdf

https://i1.wp.com/www.technologynewsextra.com/wp-content/uploads/2015/12/apple-watch-premium-design-vs-pebble-time-round-classic-design.jpg

L’exposition d’Aimé Mpane adaptée par Les Amis des Aveugles au Musée Ianchelevici

L’exposition « J’ai oublié de rêver » d’Aimé Mpane est accessible du 01/04/2017 au 11/06/2017 au Musée Ianchelevici de la Louvière – MiLL. Les Amis des Aveugles et Malvoyants ont adapté la visite de l’exposition en rédigeant les descriptions des œuvres afin que les personnes déficientes visuelles puissent également profiter du travail de l’artiste.

L'affiche de l'expo est sur fond gris : à gauche, la statue en bois d'un homme nu, grand et mince. Il est debout, trois-quarts dos, tête baissée et bras croisés devant un carré jaune comprenant un disque noir. En haut de l'affiche : Aimé Mpane, j'ai oublié de rêver. A droite, les coordonnées du musée et les heures d'ouverture. En bas, les dates : du 1/04 au 11/06. 	  Description de l'affiche de l'exposition :  L'affiche est sur fond gris : à gauche, la statue en bois d'un homme nu, grand et mince. Il est debout, trois-quarts dos, tête baissée et bras croisés devant un carré jaune comprenant un disque noir. En haut de l'affiche : Aimé Mpane, j'ai oublié de rêver. A droite, les coordonnées du musée et les heures d'ouverture. En bas, les dates : du 1/04 au 11/06.

Description de l’affiche de l’exposition :

L’affiche est sur fond gris : à gauche, la statue en bois d’un homme nu, grand et mince. Il est debout, trois-quarts dos, tête baissée et bras croisés devant un carré jaune comprenant un disque noir. En haut de l’affiche : Aimé Mpane, j’ai oublié de rêver. A droite, les coordonnées du musée et les heures d’ouverture. En bas, les dates : du 1/04 au 11/06.

Aimé Mpane, un artiste inspiré par le continent africain

Le thème principal de l’exposition est le mal-être du continent noir. Au cours de la visite, les visiteurs seront amenés à s’interroger sur les dérives de notre société et à réfléchir à l’avenir qu’ils souhaitent laisser à leurs enfants. Ainsi, les rites et la tradition africaine seront évoqués, car il s’agit d’une importante source d’inspiration pour l’artiste qui en offre une vision revisitée sous le prisme de l’art contemporain. Les sujets traités dans cette exposition sont chers à Aimé Mpane et leur évocation permet de comprendre et ressentir sa démarche artistique.

Une exposition adaptée aux personnes aveugles et malvoyantes

Pour préparer une visite adaptée, plusieurs étapes sont nécessaires. Premièrement, l’équipe du Musée Ianchelevici et l’artiste déterminent les thématiques évoquées durant la visite. Ensuite, il y a un travail de sélection des œuvres poursuivi par la conception, la scénographie de l’exposition, etc. La dernière étape est confiée à l’équipe des Amis des Aveugles qui a pour rôle d’adapter l’exposition pour la rendre accessible à un public plus large.

Une guide déficiente visuelle formée par Les Amis des Aveugles

Pour que cette exposition soit accessible au public déficient visuel, Les Amis des Aveugles ont rédigé les descriptions des œuvres pour que la guide, Kimberley Parée, puisse « donner les œuvres à voir » au public. Kimberley, non-voyante, a été formée par une ergothérapeute de l’association afin qu’elle puisse diriger les visiteurs d’une salle à l’autre.

Kimberley Parée, guide non-voyante, formée par une érgothérapeute des Amis des Aveugles

Kimberley Parée, guide non-voyante, formée par une érgothérapeute des Amis des Aveugles

« Lors de la préparation d’une exposition, l’imprévu peut toujours survenir et nous obliger à faire des changements de scénographie ou d’adaptations sans que le public ne puisse deviner le stress de dernière minute. C’est cela qui rend parfois les préparatifs aussi agités que lors du lancement d’un spectacle ou autre grand événement… » précise Kimberley Parée qui guide l’exposition.

Grâce à cette mise en œuvre, le public déficient visuel peut découvrir l’exposition lors des visites adaptées organisées avec Les Amis des Aveugles et Malvoyants les mercredis 10 mai et 7 juin ou les dimanches 7 mai et 4 juin par le musée Ianchelevici.