Première sortie de longe-côte adaptée aux aveugles et malvoyants.

En exclusivité le 24 juin, venez vivre un loisir pas comme les autres. Le longe-côte est une randonnée aquatique qui consiste à marcher en mer une fois l’eau à la taille, en groupe, en file indienne. Un bol d’air marin qui vous fera du bien ! 

Le longe-côte : une randonnée aquatique peu banale

A l’initiative de Grégory Dubois, jeune trentenaire sportif et déficient visuel (retrouvez son portrait en cliquant sur ce lien), l’ASBL Les Amis des Aveugles, est la première association belge à participer le 24 juin à une sortie longe-côte organisée dans le Nord de la France. « Ce sport, à la base pour les voyants, consiste à marcher dans l’eau de mer en combinaison. Ça ne paraît pas physique mais c’est physique. Après tout, il y a la force de l’eau, les vagues, les marrées, le vent et j’en passe ! », nous explique Grégory.

Le jeune homme, montois d’origine, a découvert ce sport, il y a quelques années, un peu par hasard.  » Ma mère avait commencé à faire du longe-côte et je ne l’avais pas prise au sérieux. Tout est parti d’une boutade. Je lui ai lancé un jour : marcher dans l’eau, c’est un sport pour grand-mère ! Elle m’a mis au défi de faire mon baptême. Je me souviens qu’il y avait beaucoup de vagues ce jour-là et quand je suis sorti de l’eau, j’étais épuisé… J’ai dormi tout l’après-midi. Puis, pour des raisons de santé, ma mère a dû arrêter et mon père a voulu tenter un baptême, le 13 juin 2015, à l’occasion des journées de la mer à Bray-Dunes, tout près de Dunkerque. ». (Source :La Province)

Une activité adaptée aux personnes déficientes visuelles

« Étant presque aveugle, au début, je tenais ma mère par les épaules, ce qui était une très mauvaise technique. Je n’étais pas libre, plus lent et toujours avec elle et ce n’était pas une bonne façon de rencontrer les gens. »

Pour pouvoir pratiquer le longe-côte avec son fils, Patrick Dubois, va alors avoir une idée révolutionnaire : il va développer une première barre guide afin de pouvoir l’orienter dans l’eau, sans devoir le tenir par la main ou par les épaules Jusqu’en avril 2016, Grégory et son père vont ainsi pratiquer ce sport comme un simple loisir, tout en cherchant à améliorer leurs performances dans l’eau. « Au départ, j’ai inventé cette barre guide pour des raisons de sécurité. L’avantage, c’est que la personne non-voyante ne se tient pas sur les épaules de la personne valide. Ainsi, s’il y a une vague, elle n’aura pas le réflexe de la pousser dans l’eau. Beaucoup de gens ont également une répulsion à tenir, par exemple, un aveugle par la main pour le guider. Et de cette façon, la personne non-voyante est passive. »

Plusieurs autres barres guide ont été développées, dont un modèle de compétition et une autre permettant de guider trois personnes non valides ou affaiblies par une maladie grave. Mais l’intérêt pour cette barre dépasse le monde restreint du longe-côte. Des clubs de marche en montagne se sont aussi manifestés afin d’acquérir un exemplaire.  »  On ne s’y attendait pas du tout ! Notre souhait à présent est que cette invention soit protégée et que mon père soit reconnu comme étant l’inventeur. On espère qu’elle se développera à grande échelle. Notre but n’est pas de gagner de l’argent mais avant tout d’aider les gens « , conclut Grégory. (Source La Province)

Infos pratiques

Sortie prévue le samedi 24 juin – GRATUIT (14h30 – Salle Dubois, rue Jean Baptiste Charcot – 59495 Leffrinckoucke). Les combinaisons vous seront fournies mais pensez au nécessaire de douche !

Inscriptions et renseignements sur les possibilités de prises en charge au 065 40 31 00 ou s.sports-loisirs@amisdesaveugles.org

Déficient visuel et sportif ? Oui c’est possible !

Grégory Dubois a bientôt 31 ans. Né déficient visuel, il est atteint d’une forme grave de glaucome ainsi que d’une anomalie génétique encore à ce jour indéterminée. Il se définit lui-même comme un homme chanceux qui a pu se réaliser à travers sa passion pour le sport. Voici le témoignage de son parcours qui pour lui n’est pas une aventure extraordinaire mais plutôt une aventure humaine !

phpto_grégory_dubois« Si j’ai toujours eu la volonté de persévérer, de ne jamais rien lâcher, d’aller de l’avant, c’est grâce à des parents qui m’ont appris qu’il fallait se débrouiller sans avoir peur de demander de l’aide aux autres. C’est aussi grâce à des amis fidèles, des gens de tous horizons qui m’ont apportés des leçons de vie mais c’est aussi grâce à ma passion pour le sport.

Tout commence quand j’ai approximativement 8 ans. Il faut préciser que j’étais très petit pour mon âge. L’un des professeurs de sport de l’école spéciale où j’étais élève a décidé de me faire grimper sur un tandem. Un tandem c’est un double vélo. Etant malvoyant, j’étais le copilote placé à l’arrière.

À l’époque, vu ma petite taille, mes pieds ne touchaient pas les pédales et j’étais contraint de garder les pieds sur le cadre. Ce professeur, monsieur William Liégeois, un homme remarquable et très investit, a quand même eu l’excellente idée de m’initier. La première fois que j’ai grimpé sur ce vélo, lors de mon baptême, Monsieur Liégeois, a roulé de façon sécurisante tout en voulant me faire ressentir les sensations d’une route cabossée.

Mes parents, et tout d’abord mon père m’ont accompagné dans un club tandem, et j’ai roulé comme cela près d’une dizaine d’années. Nous participions aux sorties et soupers et nous faisions aussi partie du monde associatif qui gravitait autour. Plusieurs fois, mon père qui est militaire a fait des partenariats entre l’armée et ce club.

J’ai été décoré en avril 1994 par la Reine Fabiola, j’étais le plus jeune tandémiste de Belgique et ce trophée est l’une de mes plus grandes réussites. J’ai beaucoup de fierté à être le seul qui ai été décoré par la reine même si cette dernière n’a pas pu me le rendre en mains propres et qu’il m’a été remis par un ancien ministre. En 1999, j’ai été champion junior de Belgique, lors d’un championnat qui voyait concourir diverses tandémistes et je peux vous dire que face aux hollandais, on souffre !

Entre 2004 et 2013, j’ai arrêté le sport pour diverses raisons : les études, le boulot, quelques raisons personnelles. Je pense aujourd’hui que j’avais endormis une part de moi, et on sait tous que quand on oublie une part de soi-même, on est incomplet.

J’ai réintégré une salle de sport conventionnelle (pour les voyants) en 2013 et après 45 minutes de sport, je suis littéralement tombé mort d’épuisement. J’étais moulu, claqué, crevé mais à la fois si ravi. J’ai passé les portes de cette salle car à l’époque, épuisé par le rythme de travail et d’autres raisons personnelles, je n’étais pas en forme. Mon père m’avait suggéré de me reprendre en main. J’adore cette salle, elle n’est pas immense, pas de grandes renommée, mais elle est à taille humaine. L’aspect humain est pour moi la première vertu du sport, il fait rapprocher les gens et les pousse à bosser en équipe.

En parallèle, côté mer, car j’ai un petit pied à terre dans le nord de la France, j’ai fait un peu de kayak en 2014. En juillet de cette année, toujours dans le nord pas de Calais, j’ai commencé un peu sans conviction un sport maritime très peu connu, le longe-côte.

photo-longe-coteQu’est-ce que le longe-côte ? En fait, ce sport, à la base pour les voyants, consiste à marcher dans l’eau de mer en combinaison. Ça ne paraît pas physique mais c’est physique. Après tout, il y a la force de l’eau, les vagues, les marrées, le vent et j’en passe !

Mon père a fabriqué l’année dernière dans un coin de notre garage, une barre dérivée d’une pagaie ce qui me permets de marcher en indépendance. J’ai fait ma première compétition en avril de cette année, c’était pour le fun et cela m’a mené bien plus loin que je ne l’escomptais.

photo-longe-cote-2J’ai ressortis mon vélo tandem et ça fait du bien de pouvoir rouler ! Depuis 2013, je retrouve le plaisir de pédaler.

Mon rêve ce serait de faire du parachute ascensionnel. Quand j’étais enfant et jeune adolescent, j’ai fait des baptêmes de toutes sortes : voiture de rallye, spéléologie, montgolfière, ULM, jet-ski, bateau, moto, et bien plus. J’ai fait un baptême en petit avion et l’instructeur m’a même permis d’atterrir.

Je m’appelle Grégory Dubois, et j’estime avoir encore beaucoup de choses à faire dans ma vie et dans le domaine sportif. »