Service Public de Wallonie – 32 postes à pourvoir pour les personnes handicapées

Afin d’accroître le taux d’emploi de travailleurs handicapées au sein du service public de Wallonie (SPW), le Gouvernement de la Région Wallonne a décidé la mise en œuvre d’un « Plan H 2016 » et l’ouverture de plusieurs postes accessibles aux personnes handicapées.  L’association Les Amis des Aveugles et Malvoyants, à travers son service social, peut vous aider à y postuler.

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Plan H 2016

Ce plan vise 32 emplois qui seront pourvus par le biais de plusieurs voies que sont :

– la réaffectation d’agents contractuels suite à l’arrivée d’agents statutaires sur leurs emplois,

– la consultation de la liste de lauréats d’un concours SELOR organisé par le SELOR pour le SPW et les OIP,

– l’engagement d’agents contractuels présentant un handicap reconnu.

Les postes qui seront proposés concernent les métiers suivants :

  • Ingénieur agronome, option agronomie (sauf eaux et forêts) – niveau universitaire
  • Juriste – niveau universitaire
  • Administratif – niveau baccalauréat
  • Comptable – niveau baccalauréat
  • Administratif – niveau secondaire supérieur
  • Comptabilité – niveau secondaire supérieur
  • Électricité, mécanique, électromécanique – sans diplôme
  • Horticulture – sans diplôme
  • Ouvrier – sans diplôme
  • Piégeur de rats musqués – sans diplôme

Les personnes intéressées par un ou plusieurs de ces postes sont invitées à introduire avant fin décembre 2016 une candidature spontanée dans la base de données du SPW.

Les modalités d’inscription figurent dans ce document : remplir_une_candidature_spontanee_pour_le_spw_et_ses_oip.
Cette base de données sera consultée dans le cadre du PLAN H 2016 dès janvier 2017 mais pourra l’être également par la suite pour tout autre emploi au sein du SPW ou de ses OIP.

Faites appel au service social des Amis des Aveugles pour vous aider à présenter votre candidature : coordonnées du service social

Le portrait d’un jeune avocat déficient visuel

Alexandre Wespes est déficient visuel. Il a été suivi par le service social des Amis des Aveugles tout au long de ses études et a fait appel également au centre de transcription adaptée de l’association. Aujourd’hui, il a 25 ans et travaille en tant qu’avocat au sein du cabinet d’avocats Sotra spécialisé en matière de conseils juridiques dans les litiges relatifs au droit du travail. A côté de son activité principale, il est également professeur de droit du travail et de la sécurité sociale dans une haute école bruxelloise. Il dispense des cours à des étudiants-infirmiers qui suivent une spécialisation.

Aleandre-Wespes

De quelle déficience visuelle souffrez-vous ? Avez-vous toujours été non-voyant ?

J’ai une rétinite pigmentaire qui est une maladie congénitale. Je perds petit à petit la vue et je perçois encore des formes sans pouvoir distinguer les détails. La lumière m’éblouit et c’est la raison pour laquelle je mets des lunettes de soleil lorsque je sors dans la rue. Dans le passé, je mettais également des lentilles colorées qui diminuaient la luminosité. En raison de la dangerosité de celles-ci, j’ai décidé d’arrêter de les porter. En effet, de par le fait qu’elles m’étaient très utiles, je les mettais tous les jours et très longtemps et des « néo-vaisseaux » sont apparus dans mes yeux ce qui est relativement dangereux. En raison de l’état d’avancement de ma maladie, j’ai dû entreprendre des démarches pour avoir un chien guide (Laïka) qui m’accompagne partout et m’aide dans mes déplacements. A force d’être toujours avec elle, je n’imagine plus ma vie sans elle tant elle est devenue pour moi plus qu’une aide mais un membre à part entière de ma vie.

Quel a été votre parcours scolaire et universitaire ? Utilisiez-vous du matériel adapté ?

J’ai toujours été en enseignement ordinaire. Au départ, durant mes années primaires et secondaires, j’utilisais de l’encre noir sur du papier blanc pour que le contraste soit le plus important. J’utilisais également une loupe pour agrandir certains textes. Un accord avait été conclu avec mes professeurs pour que les feuilles me soient données en caractère 14 et en gras.

Durant mes humanités, je disposais en classe d’une TV-Loupe avec une caméra intégrée qui me permettait de zoomer sur le tableau. Dans les dernières années, j’avais l’autorisation de prendre mon ordinateur portable.

A l’université, j’étudiais sur des syllabi en version informatisée. Je mettais le document sur mon ordinateur et, grâce à des programmes spécifiques, ce dernier me le lisait.

Je dois reconnaître que j’ai pu réussir mes études sans trop d’embûche grâce à l’aide qui m’a été apportée par mes parents. Ils ont énormément contribué à ma réussite scolaire.
Comment se passe votre travail au quotidien ?

Actuellement et en raison de l’avancée de ma maladie, je travaille exclusivement grâce à des programmes de synthèse vocale. Ceci signifie que je transforme l’ensemble de mes documents papiers en document informatique et que je les intègre dans un programme qui me les lit. J’utilise mon téléphone portable pour photographier des feuilles papiers afin que le téléphone puisse me lire leurs contenus.

En tant que personne déficiente visuelle, avez-vous éprouvé des difficultés à trouver un emploi ?

Il est certain que j’ai déjà été confronté soit explicitement soit implicitement à de la discrimination sur base de mon handicap. A titre d’exemple, un employeur du secteur public m’avait expliqué que les chiens n’étaient pas admis dans son institution. Par respect pour lui, je n’évoquerai, bien entendu, ni son nom ni son institution. Cependant, ce n’est jamais plaisant d’entendre une ré-flexion de la sorte.

Ensuite, je me doute que certains employeurs, à la vue de mon curriculum vitae, se sont dit que ce serait trop compliqué et m’ont répondu qu’ils n’avaient plus de place ou même ne m’ont pas répondu du tout.

Néanmoins, je suis bien conscient que mon handicap ne fut pas – heureusement d’ailleurs – l’unique motif qui m’a empêché de trouver un travail directement après mes études. En effet, je n’étais pas le seul jeune à me présenter sur le marché de l’emploi et, comme tout le monde le sait, les places sont chères vu le nombre im-portant de demandes.

Quels sont vos hobbys, pratiquez-vous du sport ?

Je joue au «five-a-side» ou encore appelé en français « cécifoot » qui est du football pour aveugle et malvoyant. C’est un sport adapté dans lequel tout ce qui est visuel est remplacé par de l’auditif. Dans ce cadre, je joue pour le R.S.C. Anderlecht mais aussi pour l’équipe nationale. Les règles sont les suivantes :

  • Chaque équipe est composée de cinq joueurs : un gardien bien voyant et quatre joueurs de champ qui doivent mettre un bandeau sur les yeux afin de créer une égalité totale entre joueurs. Donc, aucun joueur de champ ne voit.
  • Le ballon est sonore
  • Un coach bien voyant se trouve sur le bord du terrain et donne des informations orales aux joueurs sur le déroulement du jeu.
  • Un autre coach se place derrière le goal adverse et donne des indications aux attaquants pour qu’ils sachent où ils doivent shooter.
  • Les joueurs doivent dire « voy » quand ils se déplacent et ce dans le but d’éviter les collisions.
  • Les buts font environ 3 mètres de large et deux mètres de hauteur.

Dans ce cadre, je joue pour le R.S.C. Anderlecht mais aussi pour l’équipe nationale.

J’ai également, dans le passé, pris quelques cours de guitare et je joue encore de cet instrument de temps en temps. J’essaye encore de pratiquer au plus le néerlandais et l’anglais afin de pouvoir prétendre être un jour trilingue. J’aime également beaucoup regarder des documentaires.

Quels sont vos projets futurs ?

Je viens d’acheter un appartement. Donc, outre le fait de conserver mon emploi et retrouver une nouvelle petite amie, je dirais que mon projet à court terme est de pouvoir emménager le plus rapidement possible. A moyen et long terme, je voudrais fonder une famille, avoir des enfants… Bref, avoir une vie normale. C’est finalement l’unique but de ma vie : avoir une vie normale.

La Première – émission radio sur les entreprises de travail adapté – 18/11 de 12h à 12h30

A l’occasion de la semaine européenne de la personne handicapée, l’émission radio de la RTBF de ce mercredi 18 novembre évoquera de 12h à 12h30, le sujet des entreprises de travail adapté, dans quels secteurs elle travaillent, le nombre de travailleurs qu’elles emploient, quelles sont les difficultés rencontrées, etc.

Participeront à ce plateau radio, Dany Drion en tant que représentant des ETA wallonnes et directeurs des ateliers Jean Del’Cour à Liège, Benoit Ceysens, en tant que représentant des ETA bruxelloises et directeur de la Ferme Nos Pilifs à Bruxelles et Alice Baudine, Administratrice générale de l’AWIPH.

Podcast disponible prochainement

Pour découvrir les différentes activités de l’entreprise de travail adapté des Amis des Aveugles : http://www.amisdesaveugles.be/fr/entreprise-de-travail-adapte.html photo-ETA

La vie bien remplie d’un employé de banque

Atteint d’une rétinite pigmentaire, Pascal De Groote a perdu la vue depuis 15 ans. Il nous raconte son parcours au sein de la banque BNP Paribas Fortis.

A quel moment s’est déclarée votre maladie ?

« Tardivement. Les pro­blèmes ont commencé le soir et à l’extérieur. Je ne voyais alors plus rien. Cela s’est ag­gravé progressivement. D’abord une vi­sion tun­nel, je ne voyais pas sur les cô­tés. je perdais de la mobilité et de l’indépendance. Une amélio­ration est ar­ri­vée grâce au chien guide qui m’a rendu de l’autonomie dans mes dé­pla­cements. J’estime que je ne vois plus rien de façon fonc­tionnelle depuis 15 ans. Je peux voir des sources lu­mi­neuses si elles sont assez fortes. Par­fois, je me trompe et pense que ma fille a ou­blié d’éteindre dans le couloir (rires).»

pascal et son chien guide

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