Stage pour ados organisé par Les Amis des Aveugles à Oostduinkerke

Stage pour ados organisé par Les Amis des Aveugles à Oostduinkerke

De gauche à droite: Eurydice (15 ans) – Jules (13 ans) – Hugo (12 ans) – Antonio (16 ans)

Pour la première fois, pendant les vacances de printemps, Les Amis des Aveugles et Malvoyants ont organisé un stage destiné aux adolescents déficients visuels du 10 au 14 avril 2017.

Visite du centre de formation de chiens guides de Coxyde

Âgés entre 12 et 16 ans, les adolescents non et malvoyants accompagnés des thérapeutes ont passé leur première journée au centre de formation de chiens guides des Amis des Aveugles et Malvoyants à Coxyde. Au cours de cette visite, Hilaire déficient visuel et accompagné de son chien guide Zitta leur a fait découvrir les étapes nécessaires à la formation d’un chien guide. Ensuite, dans une ambiance chaleureuse, Zitta a guidé les adolescents sur un parcours composé d’obstacles.

Séjour à Oostduinkerke

Durant 5 jours, les jeunes ont résidé dans une villa de Sunparks à Oostduinkerke. Les 4 amis ont profité de plusieurs activités : char à voile, bowling, parc d’attraction, promenade dans les dunes, cuistax, piscine, ateliers cuisine etc.

Stage pour aider les ados aveugles ou malvoyants dans leur vie quotidienne

Ce programme varié a été spécialement conçu par les ergothérapeutes du centre de réadaptation pour aborder les objectifs thérapeutiques des adolescents. Ce stage a pour but de les aider dans la réalisation d’activités de la vie quotidienne et d’observer leurs interactions sociales. Avec, au rendez-vous, bonne humeur et convivialité.

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Andy, jeune déficient visuel, un bel exemple d’intégration !

Dans le cadre de son émission InfoMag, la télévision locale Antenne Centre est partie à la rencontre d’Andy, jeune déficient visuel suivi par Les Amis des Aveugles et Malvoyants, un bel exemple d’intégration et de joie de vivre !

Voir le reportage : http://www.antennecentre.tv/www/fayt_lez_manage_un_bel_exemple_d_int_gration_d_un_enfant_mal_voyant_infomag_du_1er_f_vrier_-87374-999-263.html

L’accompagnement précoce des enfants déficients visuels est essentiel pour développer leur autonomie et les sens compensatoires. Depuis 2013, Andy, 6 ans, est suivi par les thérapeutes du centre de réadaptation des Amis des Aveugles. Pendant près des 200 heures, il a participé à des séances de psychomotricité, appris de manière adaptée des activités de la vie quotidienne comme par exemple comment se brosser les dents, expérimenté la mobilité avec une précanne développée au sein du centre, et bien d’autres éléments favorisant son autonomie.  Au fil des mois et des années, les séances thérapeutiques se sont étoffées en fonction des besoins d’Andy.

Le jeune garçon est scolarisé dans l’enseignement primaire ordinaire à Fayt-lez-Manage. Très motivée, l’équipe éducative s’investit beaucoup dans l’inclusion d’Andy en première année primaire. Son institutrice s’est même mise à apprendre le braille. L’arrivée en septembre dernier dans une nouvelle école a nécessité plusieurs séances avec une ergothérapeute spécialisée en orientation et mobilité pour qu’il puisse y prendre des repères et se déplacer. Il a également appris à bien organiser son cartable pour retrouver aisément ses affaires.

En dehors de l’école, il aime beaucoup rejoindre ses copains des baladins, de l’unité scoute de Jolimont. Les animateurs prennent en compte la déficience visuelle d’Andy pour adapter aux mieux les activités et les jeux.

Exploration tactile d'une reproduction de statue

Exploration tactile d’une reproduction de statue

Amateur de découvertes et d’aventures, il participe volontiers aux stages pour enfants organisés par Les Amis des Aveugles. Ces stages ont pour but d’aider les enfants dans la réalisation des activités de la vie quotidienne et d’observer leurs interactions sociales. Pendant les activités, ils travailleront l’orientation et l’organisation spatiale, les sens compensatoires, la motricité fine, l’exploration visuelle, etc.

Albums photos :

Stage Halloween

Stage de Pâques à Spa

5/12 : journée internationale du volontariat – portrait de Caroline, bénévole malvoyante au SRA

Ce 5 décembre, journée internationale des volontaires ou appelée aussi journée mondiale des bénévoles, est l’occasion de remercier celles et ceux qui s’investissent dans la construction d’une société plus juste. Focus sur Caroline, trentenaire malvoyante toute récemment bénévole au sein du service résidentiel pour adultes (SRA) des Amis des Aveugles.

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Pourquoi es-tu devenue bénévole ?

Aider est un plaisir. Je me sens bien quand je viens en aide à une autre personne. Comme la déficience visuelle me tient à cœur, étant moi-même concernée, je me suis proposée pour réaliser quelques activités par semaine au service résidentiel pour adultes (SRA) des Amis des Aveugles. Le SRA accueille plus de trente résidents dont la déficience visuelle, partielle ou totale, est considérée comme le handicap majeur. Ce service s’adresse à des adultes de plus de 18 ans présentant éventuellement des troubles associés et qui ne pourraient vivre en autonomie.

Quels types d’activités proposes-tu aux résidents ?

Mon bénévolat a commencé début novembre, j’ai d’abord observé la manière dont fonctionnait l’équipe des éducateurs. Aujourd’hui, je réalise avec les résidents plusieurs activités dont la mise en place d’une chorale. Les éducateurs me font confiance et m’ont récemment confié le groupe de résidents pour cette activité.

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Caroline et les résidents du SRA pendant l’activité chorale

Je participe aussi à l’organisation de l’activité aquagym qui a lieu chaque mercredi. Mon rôle consiste à aider les résidents à s’habiller mais aussi à les recadrer spatialement dans le bassin. Je me place à un endroit et je leur indique quand ils dévient de leur trajectoire. C’est très sportif !

Quel est ton ressenti ?

Mon intégration tant dans l’équipe qu’avec les résidents s’est très bien passée car ils avaient auparavant été mis au courant par le directeur du service de mon arrivée. Ils connaissaient mon prénom avant que je n’arrive ce qui a facilité beaucoup de choses. Je me sens hyper à l’aise aussi bien avec les éducateurs qui m’ont accueillie chaleureusement comme si je faisais partie de l’équipe qu’avec les résidents avec qui je partage de bons moments. Bref, une belle aventure qui commence !

Comment as-tu connu Les Amis des Aveugles ?

Je connais l’association depuis une dizaine d’années. J’y suis arrivée pour un suivi ophtalmologique. Et il y a 3 ans, j’ai fait appel au CRF (centre de réadaptation fonctionnelle) car je voulais faire le nécessaire pour aller mieux et palier mes difficultés. Une démarche qui n’est pas simple mais j’en retire beaucoup de positif. Cela m’a permis de prendre conscience des aides possibles. Une ergothérapeute m’a donné des conseils pour améliorer certaines choses que je faisais et m’a recadrée par rapport à mes difficultés. J’ai notamment suivi les ateliers cuisine, jardinage et aussi reçu des astuces pour le rangement. Je participe aussi aux activités de loisirs depuis un an. En réalité, je dois beaucoup à mon assistante sociale qui a tenu un rôle essentiel en m’aidant à reprendre le cap et à construire des projets. Grâce à elle, j’ai retrouvé confiance en moi.

Quel est ton parcours en tant que personne déficiente visuelle ?

Je suis atteinte d’une maladie neuromusculaire diagnostiquée à l’âge de 5 ans. C’est une maladie génétique qui abîme le nerf optique. Ma vue est fluctuante au cours de la journée, en fonction de certains éléments (surtout la fatigue). Comme il s’agit d’une maladie orpheline, on ne sait pas très bien me dire quel sera l’avenir. J’ai été intégrée dans l’enseignement ordinaire du primaire au supérieur (Caroline est graduée en droit). Cela s’est passé sans beaucoup d’aide matérielle. Je crois qu’à l’époque les techniques étaient moins évoluées que maintenant. J’utilisais, par exemple, une télé-loupe à la maison et une grande quantité d’agrandissements. Ce n’était pas évident car du coup mon cartable était très lourd (rires).

En cette journée dédiée aux bénévoles et volontaires, nous remercions chaleureusement les personnes qui, en nous rejoignant, contribuent à porter nos projets pour une plus grande autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes.

Journée des droits des femmes – Portrait d’une prof pas comme les autres

A l’occasion de la journée des droits des femmes, coup de projecteur sur une femme malvoyante qui a décidé d’exercer la profession d’enseignante. Sabine est passionnée par son métier car c’est ce qu’elle a toujours voulu faire. Elle donne cours de psychologie et de sciences sociales à des 6e secondaire en section technique dans un collège de Soignies.

Êtes-vous malvoyante de naissance ?

En fait, je ne sais pas depuis quand je suis malvoyante. C’est très bizarre à dire comme ça (rires). J’ai un strabisme depuis toute petite mais personne ne s’était rendu compte que je ne voyais pas bien de l’œil droit. Vers 10-12 ans, une ophtalmologue a diagnostiqué la malvoyance de cet œil. Mes parents ont alors beaucoup culpabilisé car quand je rentrais des cours, ils me cachaient l’œil gauche pour que l’oeil droit travaille un peu plus mais ce n’était pas le bon œil ! Ils pensaient que c’était de la paresse et ne me croyaient pas.

J’ai eu plus de difficultés par rapport au sport. Je voulais faire du tennis et je me suis vite rendu que ce n’était pas possible car je ratais toutes les balles. Quelle frustration ! Il y a 4 ou 5 ans, la situation s’est aggravée. J’ai des problèmes hypophysaires qui menacent mon nerf optique gauche. A terme, je deviendrai aveugle un jour ou l’autre. Pour l’instant, je peux encore voir à très courte distance car mon champ visuel s’est restreint.

portrait sabineQuelles adaptations utilisez-vous ?

Pendant un an, je suis venue toutes les semaines au centre de réadaptation des Amis des Aveugles pour mettre en place toute une série d’aides pour me permettre de continuer à vivre de manière autonome. J’utilise le logiciel Zoomtext pour l’ordinateur. Pour réaliser les corrections des travaux de mes élèves, j’utilise une TV loupe. C’est parfois très laborieux de synchroniser l’écriture et la lecture avec une TV loupe. Quand la quantité de travail est trop importante, comme par exemple, pour des dossiers à corriger, je demande de l’aide à quelqu’un.

Les élèves sont-ils au courant de votre déficience visuelle? Est-ce que cela les interpelle ?

Oui, je les préviens directement avec une bonne dose d’humour. Par exemple, je leur dis qu’ils vont être contents car avec moi ils vont pouvoir tricher autant qu’ils veuillent. Blague à part, cela se passe généralement très bien. Je me fais respecter et les élèves n’en abusent pas.

Circuler dans la classe peut aussi poser problème car j’accroche les cartables qui trainent par terre. Je leur dis qu’en plus, je suis un vrai danger public ! En règle générale ils ne posent pas trop de questions.

Un jour, ils devaient réaliser un travail à finalité sociale. Un groupe a proposé de travailler sur le handisport. Ils se sont mis en situation avec un bandeau sur les yeux et ont réalisé un petit parcours d’obstacles. Ils m’ont également demandé de le réaliser. Ils ont été très impressionnés de se mettre dans la situation d’une personne porteuse d’un handicap visuel, je pense qu’avant cela, ils ne réalisaient pas ce que pouvait être mon quotidien.

Et point de vue mobilité, comment vous rendez-vous sur votre lieu de travail ?

Jusqu’à l’année dernière, je m’arrangeais avec mes collègues pour faire du covoiturage. C’était pas mal de stress car j’aime bien arriver à l’heure et c’était parfois un peu compliqué. C’est pour cela que j’ai introduit une demande auprès de l’AWIPH (NDR : aujourd’hui appelée AViQ). Une intervention financière m’a été accordée pour les trajets jusqu’à l’école où j’enseigne qui est à 25 km de mon domicile. J’ai ainsi pu récupérer de l’autonomie en ne dépendant plus de mes proches ou de mes collègues.

Peut-on associer plaisir et objectif thérapeutique ?

Le handicap visuel a des conséquences fonctionnelles importantes sur le quotidien de la personne qui se traduisent par une perte d’autonomie plus ou moins grande. Il n’est d’ailleurs pas rare que les personnes sombrent dans la dépression dès l’annonce du handicap visuel. La rééducation fonctionnelle est un moyen par lequel le processus de reconstruction devient possible et les activités à nouveau disponibles.

Divers ateliers thérapeutiques ont été créés afin d’atteindre des objectifs thérapeutiques ciblés dans le programme de rééducation fonctionnelle tout en conciliant apprentissage, autonomie, bien-être et surtout PLAISIR !

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L’école pour tous

Dans une enquête de La Ligue Des Familles[1] publiée en juin 2014, 95 % des personnes interrogées pensent que l’accès à l’éducation est prioritaire pour les per­sonnes en situation de handicap et 97 % sont favorables à l’inclusion des enfants en situation de handicap dans l’enseignement ordinaire. À l’occasion de la rentrée scolaire, nous nous sommes penchés sur les éléments qui permettent qu’ aujourd’hui, dans une optique d’égalité des chances, des élèves en situation de handicap puissent suivre le même parcours scolaire que leurs condisciples. 

Naissance de l’enseignement spécial

La scolarité des enfants en situation de handicap était assurée au XIXe siècle en Belgique par des établissements privés en marge du système scolaire ordinaire. Nous pouvons citer parmi ceux-ci, l’école privée pour aveugles créée à Ghlin en 1885 par Léonard Simonon et qui donnera par la suite nais­sance à l’ASBL « Les Amis des Aveugles et Malvoyants». Suite au mouvement de défense sociale qui aboutit au XXe siècle aux mesures de protection de l’enfance, la loi sur l’instruction obligatoire fut votée en 1914. Elle prévoyait que les communes organisent des classes pour « enfants fai­blement doués ou arriérés ou pour enfants anormaux ». En réalité, les enfants en situation de handicap étaient très peu pris en charge. Ils étaient mis à l’écart dans des classes annexées aux écoles ordinaires.

En 1970, une loi organisant l’enseignement spécial est vo­tée. L’enseignement spécial est organisé sur base d’une typologie des différents handicaps. Le type 6 concerne les enfants présentant une déficience visuelle. Ce système éducatif fit à l’époque l’admiration des autres pays euro­péens de par le souci de la Belgique de créer un système d’enseignement « pour tous ».

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