Handycathon : créer ensemble en s’appuyant sur les différences

Les Amis des Aveugles participent au premier Handycathon qui aura lieu en 2018 à Mons. Plus qu’un événement de co-création participatif, Handycathon permet aux participants d’imaginer avec les personnes en situation de handicap les solutions qui faciliteront leur vie.

Qu’est ce qu’un Handycathon ?

Le terme « handycathon » est une adaptation d’un « hackathon » sur la thématique du handicap. Un hackathon est un événement au cours duquel des développeurs volontaires se réunissent pour faire de la programmation informatique collaborative sur plusieurs jours. C’est un processus créatif fréquemment utilisé dans le domaine de l’innovation numérique. L’objectif est de tester une idée et de produire un prototype d’application en quelques heures.

Porté par un panel très diversifié de partenaires, Handycathon a comme point d’orgue un challenge qui rassemble le temps d’un weekend des entrepreneurs, des créatifs et des usagers, pour créer avec les personnes en situation de handicap des solutions visant à leur faciliter la vie. Cet événement est ouvert à tous, et met au centre les personnes en situation de handicap.

Comment se déroule un Handycathon ?

Il s’agit tout d’abord de sensibiliser les participants potentiels, recruter et former suffisamment de personnes, intéresser des entreprises et autres organisations aux résultats de l’action. L’événement aura lieu, aux alentours du mois de février 2018, dans un lieu accessible à tous à Mons (plus d’infos pratiques dans les prochains mois).

Vous êtes intéressés à y participer ?

Vous souhaitez participer à cet évènement en apportant votre expérience des nouvelles technologies en tant que déficient visuel ? Envoyez un mail à g-o.tabart@amisdesaveugles.org ou téléphonez au 065 40 31 21.

Site internet de l’évènement : www.handycathon.org

Accessibilité de l’Apple Watch

Le site « les tactiles.be » est le fruit d’une collaboration entre le CRETH, des personnes
handicapées et des professionnels du monde du handicap. Vous y trouverez des fiches et vidéos de solutions classées selon le type de handicap.
Les informations concernant le handicap visuel se trouvent ici : https://www.lestactiles.be/category/visuel/

Parmi les dernières fiches publiées, le site propose une analyse de l’accessibilité de la montre tactile « Apple Watch ». Découvrez l’analyse en cliquant sur le lien suivant :  https://www.lestactiles.be/fiches/wp-content/uploads/2017/04/MAT_Apple_Watch.pdf

https://i1.wp.com/www.technologynewsextra.com/wp-content/uploads/2015/12/apple-watch-premium-design-vs-pebble-time-round-classic-design.jpg

L’exposition d’Aimé Mpane adaptée par Les Amis des Aveugles au Musée Ianchelevici

L’exposition « J’ai oublié de rêver » d’Aimé Mpane est accessible du 01/04/2017 au 11/06/2017 au Musée Ianchelevici de la Louvière – MiLL. Les Amis des Aveugles et Malvoyants ont adapté la visite de l’exposition en rédigeant les descriptions des œuvres afin que les personnes déficientes visuelles puissent également profiter du travail de l’artiste.

L'affiche de l'expo est sur fond gris : à gauche, la statue en bois d'un homme nu, grand et mince. Il est debout, trois-quarts dos, tête baissée et bras croisés devant un carré jaune comprenant un disque noir. En haut de l'affiche : Aimé Mpane, j'ai oublié de rêver. A droite, les coordonnées du musée et les heures d'ouverture. En bas, les dates : du 1/04 au 11/06. 	  Description de l'affiche de l'exposition :  L'affiche est sur fond gris : à gauche, la statue en bois d'un homme nu, grand et mince. Il est debout, trois-quarts dos, tête baissée et bras croisés devant un carré jaune comprenant un disque noir. En haut de l'affiche : Aimé Mpane, j'ai oublié de rêver. A droite, les coordonnées du musée et les heures d'ouverture. En bas, les dates : du 1/04 au 11/06.

Description de l’affiche de l’exposition :

L’affiche est sur fond gris : à gauche, la statue en bois d’un homme nu, grand et mince. Il est debout, trois-quarts dos, tête baissée et bras croisés devant un carré jaune comprenant un disque noir. En haut de l’affiche : Aimé Mpane, j’ai oublié de rêver. A droite, les coordonnées du musée et les heures d’ouverture. En bas, les dates : du 1/04 au 11/06.

Aimé Mpane, un artiste inspiré par le continent africain

Le thème principal de l’exposition est le mal-être du continent noir. Au cours de la visite, les visiteurs seront amenés à s’interroger sur les dérives de notre société et à réfléchir à l’avenir qu’ils souhaitent laisser à leurs enfants. Ainsi, les rites et la tradition africaine seront évoqués, car il s’agit d’une importante source d’inspiration pour l’artiste qui en offre une vision revisitée sous le prisme de l’art contemporain. Les sujets traités dans cette exposition sont chers à Aimé Mpane et leur évocation permet de comprendre et ressentir sa démarche artistique.

Une exposition adaptée aux personnes aveugles et malvoyantes

Pour préparer une visite adaptée, plusieurs étapes sont nécessaires. Premièrement, l’équipe du Musée Ianchelevici et l’artiste déterminent les thématiques évoquées durant la visite. Ensuite, il y a un travail de sélection des œuvres poursuivi par la conception, la scénographie de l’exposition, etc. La dernière étape est confiée à l’équipe des Amis des Aveugles qui a pour rôle d’adapter l’exposition pour la rendre accessible à un public plus large.

Une guide déficiente visuelle formée par Les Amis des Aveugles

Pour que cette exposition soit accessible au public déficient visuel, Les Amis des Aveugles ont rédigé les descriptions des œuvres pour que la guide, Kimberley Parée, puisse « donner les œuvres à voir » au public. Kimberley, non-voyante, a été formée par une ergothérapeute de l’association afin qu’elle puisse diriger les visiteurs d’une salle à l’autre.

Kimberley Parée, guide non-voyante, formée par une érgothérapeute des Amis des Aveugles

Kimberley Parée, guide non-voyante, formée par une érgothérapeute des Amis des Aveugles

« Lors de la préparation d’une exposition, l’imprévu peut toujours survenir et nous obliger à faire des changements de scénographie ou d’adaptations sans que le public ne puisse deviner le stress de dernière minute. C’est cela qui rend parfois les préparatifs aussi agités que lors du lancement d’un spectacle ou autre grand événement… » précise Kimberley Parée qui guide l’exposition.

Grâce à cette mise en œuvre, le public déficient visuel peut découvrir l’exposition lors des visites adaptées organisées avec Les Amis des Aveugles et Malvoyants les mercredis 10 mai et 7 juin ou les dimanches 7 mai et 4 juin par le musée Ianchelevici.

Le festival Trolls & Légendes s’adapte au handicap visuel

Seul festival à regrouper tous les aspects de la Fantasy – de la littérature au jeu en passant par la musique, la bande dessinée, l’illustration et le cinéma – Trolls & Légendes revient à Mons les 14, 15 et 16 avril 2017. Les organisateurs ont fait appel aux Amis des Aveugles et Malvoyants pour rendre l’événement accessible au public déficient visuel.

Voyage au cœur de la Fantasy

Pour sa septième édition, le festival propose un programme exceptionnel, déployé sur trois jours.  Des invités de marque et de nouveaux espaces seront à découvrir dès le vendredi matin ! Le temps de ce long week-end, vous pourrez voyager dans les mondes imaginaires de la Fantasy, rencontrer les plus grands auteurs, dessinateurs et illustrateurs du genre, profiter de spectacles et animations extraordinaires pour petits et grands, découvrir un artisanat féerique de qualité, plonger dans l’univers du jeu, assister à des projections, danser et même chanter.

Cliquez ici pour écouter l’audiodescription de l’affiche.

Un festival adapté par les Amis des Aveugles

Trolls & Légendes souhaite plus encore que les autres années, s’inscrire dans une démarche globale d’ouverture. Avec la collaboration des Amis des Aveugles, un soin tout particulier est apporté à l’accessibilité et à l’accueil des personnes déficientes visuelles.

Les supports tels que l’affiche de l’événement et les informations pratiques ont été transcrits en braille par le centre de transcription adaptée de l’association. De plus, le service accompagnement a réalisé une adaptation tactile et une adaptation audio de l’affiche du festival. L’association a également formé les bénévoles de Trolls & Légendes pour que l’accueil des personnes aveugles ou malvoyantes soit optimal et adéquat.

Des films en audiodescription pour les personnes déficientes visuelles

Le film « Harry Potter à l’école des sorciers » audiodécrit par l’association sera projeté le vendredi 14 avril et le film « Le voyage de Chihiro » également audiodécrit par Les Amis des Aveugles sera projeté le dimanche 16 avril. Enfin, Durant tout le Festival, un concours sera réalisé avec à la clé des cadeaux à gagner. Pour permettre aux personnes déficientes visuelles d’y participer, les informations relatives au concours ont été adaptées par l’association.

D’autres initiatives ont été mises en place par les organisateurs du festival pour rendre accessible l’événement aux personnes déficientes visuelles : parkings PMR, accès rapides aux caisses et aux entrées, large podium pour que tout le monde puisse profiter des spectacles, …

Une visite du festival est prévue par le service sports et loisirs le vendredi 14 avril 2017.

EIDO, une nouvelle police adaptée aux malvoyants

Des chercheurs viennent de développer une nouvelle police de caractères adaptée aux personnes atteintes de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Interview exclusive de Jean-Baptiste Bernard, chercheur au laboratoire de Psychologie Cognitive de l’Université d’Aix-Marseille.

Les patients atteints de DMLA, plus d’1 million en France, 30.000 en Belgique, se plaignent majoritairement de ne pas reconnaître correctement les mots qui composent un texte. Afin d’améliorer leur capacité de lecture, des chercheurs du Laboratoire de psychologie cognitive (CNRS et Aix-Marseille Université) ont développé une nouvelle police de caractères baptisée EIDO.

Exemple

Pourriez-vous nous expliquer brièvement le principe de cette police de caractères ?

La police EIDO se distingue des autres polices de caractères couramment utilisées grâce à des caractères aux formes optimisées qui ne se confondent pas entre eux. En effet, les faibles vitesses de lecture des personnes malvoyantes s’expliquent en partie par la forte proportion de confusions entre lettres physiquement similaires (par exemple, un b avec un d, un p avec un q, un h avec un l ou un e avec un c). La police EIDO a été définie de sorte à maximiser les différences physiques entre ces caractères fréquemment confondus en créant des différences d’orientation ou des formes plus marquées. La police EIDO est ainsi constituée de 26 lettres aux formes contrastées mais familières pour limiter le temps d’apprentissage des patients.

Est-elle unique ou existe-t-il d’autres polices de caractères adaptées au handicap visuel ?

Peu de polices de caractères qui sont destinées aux malvoyants existent, et aucune n’améliore à ma con-naissance les performances de reconnaissance de lettres, de mots ou de lecture chez les patients « basse vision ». Notre police de caractères est donc la première à montrer l’efficacité d’une police adaptée en termes de performance, du moins en ce qui concerne la reconnaissance visuelle de lettres et de mots.

Comment l’avez-vous mise au point ? Quelles sont ses avantages ?

Notre équipe du laboratoire de Psychologie Cognitive à Marseille a réfléchi à des formes visuelles simples qui peuvent se distinguer malgré la présence d’un handicap visuel. Il a fallu ensuite étudier les caractères qui étaient fréquemment confondus entre eux pour créer des différences physiques permettant d’éviter ces confusions. Éviter ces confusions permet ainsi aux sujets malvoyants de reconnaitre les caractères plus facilement, et donc les mots qui sont constitués de ces caractères.

Est-elle destinée juste à une utilisation numérique ? Envisagez-vous l’impression de livres ?

La force du numérique est de pouvoir instantanément modifier l’apparence physique d’un texte, et donc de passer facilement d’une police de caractère à une autre, comme l’on peut passer d’une taille de caractère à une autre. Utiliser la police de caractères EIDO pour l’impression de livres destinés à des personnes mal-voyantes est une possibilité envisageable dans le futur. Toutefois, nous avons besoin d’études complémentaires pour montrer qu’EIDO est efficace pour améliorer les performances de lecture des patients, avec notamment un test des effets d’un apprentissage poussé avec cette police de caractères.

Quelle a été la réaction des professionnels de la basse vision ?

La réaction des professionnels de la basse vision a été très enthousiaste, tout comme celle d’un grand nombre de patients qui ont pu l’utiliser. La possibilité de télécharger la police gratuitement a permis un retour d’une population importante de patients désirant améliorer leur performance de lecture. Un test à grande échelle est prévu prochainement pour tester l’efficacité de la police après un apprentissage plus important que lors de notre première étude, les utilisateurs dénotant un temps d’adaptation nécessaire avec EIDO.

Le service résidentiel pour adultes malvoyants et aveugles en visite aux Grottes de Han

Le service résidentiel pour adultes (SRA) des Amis des Aveugles accueille plus de trente résidents dont la déficience visuelle, partielle ou totale, est considérée comme le handicap majeur. Agréé et subsidié par l’AViQ, ce service s’adresse à des adultes de plus de 18 ans présentant éventuellement des troubles associés et qui ne pourraient vivre en autonomie. L’équipe éducative encadre les résidents en interne et dans leurs contacts extérieurs. Elle organise notamment de nombreuses activités et sorties comme dernièrement aux Grottes de Han-sur-Lesse.

Le domaine des grottes de Han-sur-Lesse est adaptée au PMR. Un véhicule avec élévateur permet d’accueillir sur réservation une dizaine de personnes en chaise roulante et leurs accompagnateurs pour une visite de la Réserve en toute sécurité. Pour la visite de la Grotte, il existe un parcours spécialement adapté sans escalier qui permet de visiter quelques-unes des plus belles salles de la Grotte. Le parcours comporte cependant plusieurs plans inclinés. Au-delà des nombreux aménagements adaptés, les guides et le personnel d’accueil ont suivi une formation spécifique pour l’accueil des personnes moins valides.

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Les résidents ont profité de cette découverte dans un des plus beaux lieux de Belgique et ont surtout apprécié d’y avoir accès en toute sécurité.

 

 

 

Un spectacle de danse en audiodescription pour les aveugles et malvoyants

Une personne mal voyante ou non-voyante peut profiter tout autant qu’autrui d’un spectacle de danse : elle sent la présence du public autour d’elle, elle entend les pas des danseurs sur scène, elle sent sur son visage l’air que déplacent leurs mouvements et ressent le crescendo entraînant de la musique.

Le Kaaitheater situé à Bruxelles, veut franchir un pas de plus.  Le théâtre invite les personnes déficientes visuelles à découvrir la scène et le décor avant la représentation lors d’un touch tour unique. Ensuite, les non et malvoyants seront plongés dans une strate supplémentaire du spectacle par le biais d’écouteurs : des professionnels de la danse décrivent en direct les mouvements et les gestes des danseurs.

L’audiodescription existait déjà pour les films et le théâtre. Pour les spectacles de danse, la technique est cependant encore un domaine inexploré. Avec des partenaires à Londres, Paris et Vienne, le Kaaitheater souhaite développer et soutenir ce trajet sur le long terme. Le chorégraphe autrichien Simon Mayer l’inaugure.

SIMON MAYER – Sons of Sissy

Simon Mayer et trois danseurs se révèlent une formation de musiciens virevoltants. Avec adresse et humour, ils dépouillent de la musique traditionnelle des Alpes, des danses de groupe et des rituels de leur conservatisme et de leurs règles.SIMON MAYER  Sons of Sissy

  • dimanche 27/11/16 à 15:00
  • touch tour à 13:30
  • Kaaitheater, 20 square Sainctelette, 1000 Bruxelles
  • 12 € (tarif réduit) – votre accompagnateur ne paie rien

Les chiens guides d’aveugles sont les bienvenus, mais veuillez prévenir le théâtre de leur présence. Si vous avez besoin d’assistance pour votre déplacement de la Gare du Nord au Kaaitheater, veuillez contacter le personnel du théâtre.

Réserver ? Des questions ? Des remarques ?

Hilde Peeters
T 02 274 03 88
M 0477 60 81 16
E hilde.peeters@kaaitheater.be

« LE CŒUR EN BRAILLE » en avant-première en audiodescription et en présence de Michel BOUJENAH

Souvenez-vous pendant l’été 2015, pour les besoins du tournage du 3e film de Michel Boujenah, l’équipe de production s’était posée sur le site des Amis des Aveugles à la Résidence Comtesse Madeleine d’Oultremont. L’humoriste et réalisateur vient nous présenter son dernier film en avant-première le 23 novembre à 16h à Mons : Le cœur en braille, un film à voir avec le cœur.

L’œuvre fédérale Les Amis des Aveugles et Malvoyants, en collaboration avec le cinéma Le Plaza Art de Mons, a le plaisir de vous inviter à l’avant première en audiodescription et en présence de Michel Boujenah.

LE CŒUR EN BRAILLE

Comédie dramatique française réalisée par Michel Boujenah

Avec Charles Berling, Pascal Elbé…

le coeur en braille afficheRésumé: Marie est une adolescente passionnée de violoncelle et très douée à l’école. Victor est un garçon sympathique, dynamique, mais qui connaît quelques difficultés scolaires. Ignorant que Marie est entrain de perdre la vue, Victor tombe amoureux d’elle. Et petit à petit, à sa grande surprise, Marie se met à l’aider… Lorsque Marie lui révèle son secret, un pacte est conclu entre les deux adolescents : Victor l’aide à cacher son état afin qu’elle puisse passer le concours d’entrée au conservatoire. Une amitié indéfectible va naître de ce duo improbable, prêt à tout pour faire front face au reste du monde.

23 novembre 2016 à 16h00 au cinéma PLAZA-ART – rue de Nimy, 12 à 7000 MONS

Renseignements et réservation :

  • 065 40 31 00 – s.culture@amisdesaveugles.org.
  • Possibilité de prise en charge pour les personnes aveugles et malvoyantes à partir de la gare de Mons à 15h30.

Une pétition européenne pour l’accès des chiens d’assistance

Fréquemment, des personnes déficientes visuelles accompagnées de chiens guides nous confient être confrontées à un voir des refus d’accès dans certains établissements ou bâtiments. Ces situations vont à l’encontre de l’autonomie, de l’inclusion et de la mobilité des personnes déficientes visuelles. Conscient du problème et espérant une amélioration au niveau européen, Mark van Gelder, a créé une pétition sur le site du Parlement européen au nom de la Fédération européenne des chiens guides et de Assistance Dogs Europe, sur les droits d’accès des personnes qui ont besoin de chiens d’assistance dans l’Union européenne

une jeune fille et son chien guide sur un trotoireIl est possible de la signer en cliquant sur le lien ci- dessous. Attention, il est nécessaire de s’inscrire préalablement via un formulaire de contact (bouton en bas de la page « créer un compte ».

https://petiport.secure.europarl.europa.eu/petitions/fr/petition/content/1140%252F2015/html/Petition-No-1140%252F2015-by-Mark-van-Gelder-%2528Dutch%2529-on-behalf-of-the-European-Guide-Dog-Federation-and-Assistance-Dogs-Europe%252C-on-access-rights-for-persons-who-require-assistance-dogs-within-the-European-Union

Les éducatrices du centre de formation de chiens guides des Amis des Aveugles, interpellent régulièrement des responsables de lieux ouverts au public pour assurer le respect de la législation belge en la matière. Celle-ci est à lire sur le site de la Belgian Assistance Dog Federation (BADF) dont Les Amis des Aveugles sont membres : http://www.badf.be/FR/toegangsrechtFR.html

Les Amis des Aveugles au Parlement wallon

Ce 19 octobre, les Amis des Aveugles et d’autres associations typhlophiles sont au Parlement wallon afin de sensibiliser les députés régionaux à la déficience visuelle et aux problèmes liés à la thématiques. A lire ci-dessous le texte de leur interpellation.

parlement-wallon

Interpellation des parlementaires wallons autour de la déficience visuelle

Préambule

En 2009, la Belgique ratifiait la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes en situation de handicap. Cinq ans plus tard, en 2014, le Comité des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées concluait que la Belgique avait encore du chemin à parcourir pour que soient garantis les droits des personnes en situation de handicap. Etaient notamment mis en évidence l’accès aux services de soutien, les problèmes structurels liés à l’accessibilité, la sous-représentation des personnes en situation de handicap sur le marché du travail et les efforts à maintenir en matière d’enseignement inclusif.

En 2016, la Belgique est à nouveau épinglée par le Commissaire aux droits de l’homme du conseil de l’Europe qui souligne que la Belgique ne respecte pas les droits des personnes handicapées à l’autonomie de vie et à l’inclusion dans la société. Droit inscrit dans la convention de l’ONU, l’autonomie et l’offre de service de proximité devraient constituer une priorité du gouvernement.

Devant l’urgence, nous formulons le vœu que l’intégration sociale des personnes ayant un handicap et l’amélioration de prestation des services de soutien personnalisés soient accélérés. Nous espérons des effets et des décisions en ce sens, de sorte que la Belgique aille dans le sens des recommandations formulées par le Comité et développe un plan d’intégration global.

L’inclusion des personnes en situation de handicap tout au long de la vie ne peut se réaliser qu’en adoptant une approche globale et transversale de la politique du handicap. Dans le cadre de la création de l’AVIQ, reprenant, en Région wallonne, les compétences transférées suite à la 6ème réforme de l’état, comment concevoir une politique du handicap efficace et efficiente, de nature à garantir le respect de toutes les recommandations issues de la Convention de l’ONU ?

Comment assurer que ce processus de décentralisation négociera avec succès le défi posé par la transversalité, en matière d’organisation ?

Certaines matières étant situées au carrefour de différentes politiques, comment les organiser de manière optimale afin de répondre aux besoins des usagers et aux inquiétudes du secteur ? Comment seront articulées les politiques de santé et du handicap, notamment pour ce qui touche aux conventions de rééducations fonctionnelles spécifiques ?

Comment garantir la mobilité des citoyens belges, dans le cadre des transferts de compétences ?

Face au vieillissement de la population, comment répondre aux besoins des aînés non et malvoyants qui bénéficient actuellement d’une aide plus que marginale. Comment favoriser le maintien à domicile et octroyer les aides publiques, quel que soit l’âge ?

L’accessibilité

Enjeu majeur des rapports sociaux, de l’autonomie, de l’inclusion dans la société et, partant, de la qualité de vie, l’accessibilité favorise l’élargissement de l’accès à la citoyenneté pour tous.

Inscrite dans une conception universaliste, elle devrait devenir un réflexe de manière à garantir l’accès à tout, pour tous et devrait représenter, dans le chef du législateur, le premier maillon de toute politique publique.

L’accessibilité universelle dépasse la problématique du handicap puisqu’elle vise à répondre aux besoins spécifiques de l’ensemble de la population qui peuvent être induits par leur taille, leur état, leur âge ainsi qu’en raison d’une déficience permanente ou temporaire. Concernant l’accès aux biens, services ou activités, l’accessibilité s’incarne dans des champs pluri-thématiques tels que la scolarisation, le logement, l’insertion professionnelles, les pratiques culturelles et sportives, etc.

Nous souhaitons que le gouvernement veille à adopter les mesures nécessaires au plan législatif, de manière à mettre en œuvre la mise en place d’un plan d’accessibilité global en Région wallonne, ainsi que le revendique notamment le CAWaB (Collectif Accessibilité Wallonie Bruxelles).

Nous espérons que le développement de biens, services et installations répondant au concept d’accessibilité universelle soient encouragés et, plus particulièrement :

  • Dans le domaine de la mobilité assistée par chiens guides où il reste nécessaire de renforcer l’accessibilité des chiens en fonction et des jeunes chiens en formation. En effet, bien que l’arrêté du Gouvernement Wallon de 2011 fixe le cadre de l’accessibilité des chiens guides, le principe de libre accès n’est pas encore garanti : manque d’information du grand public ou des professionnels concernés, dépôt de plainte en cas de refus d’accès fonctionnellement inexistant, procédure de dérogation au libre accès formellement inorganisée, etc. A ce stade, le décret ne permet donc pas aux personnes déficientes visuelles de faire valoir leurs droits.
  • Dans le domaine culturel, touristique et des loisirs (incluant également les pratiques sportives) où des moyens spécifiques doivent être mis en œuvre afin de répondre aux attentes du public à besoins spécifiques. L’accès à cette offre de service demande des interventions sur mesure, en ce compris l’utilisation des nouvelles technologies, l’adaptation des supports dont l’audiodescription (notamment au cinéma), la transcription, la transposition dans d’autres modalités sensorielles, etc.

Nous plaidons également pour que la formation initiale et continue des professionnels soit soutenue dans les matières intégrant, d’une part le handicap et, d’autre part l’accessibilité universelle de manière à la favoriser dans ses différents champs.

La scolarité

L’accompagnement scolaire permet aux jeunes déficients visuels d’être scolarisés dans les écoles ordinaires grâce à l’aide d’un accompagnateur. Les jeunes utilisent un matériel adapté et des transcriptions réalisées par les associations.

En quoi consiste le travail de l’accompagnateur : Il est présent au côté du jeune pour l’aider dans les matières les plus difficiles au niveau visuel (mathématiques, géographie…). Il accompagne l’élève en classe où lors de séances à domicile, plusieurs dizaines d’heures par mois. L’accompagnateur est aussi un soutien moral important dans les difficultés que rencontrent l’enfant et sa famille. Il est présent à chaque étape de la scolarité de l’enfant et travaille en étroite collaboration avec les enseignants sur le terrain. Il est le relai entre l’école, les parents et le jeune et fait également le lien avec le centre de transcription chargé de transcrire et adapter les cours.

Chaque année, de nombreux élèves terminent le cycle de l’enseignement secondaire et obtiennent leur diplôme. Si cela parait naturel, pour certains, comme les jeunes déficients visuels, ce moment marque l’aboutissement d’un projet marqué par de nombreuses embûches liées au handicap, ainsi qu’un investissement conséquent en temps et en énergie. L’accompagnement scolaire est très peu subsidié et pour certaines associations pas du tout subsidié.

Les associations assurent ce travail depuis de longues années (plus de 20 ans pour certaines d’entre elles) à la demande des parents qui sont démunis face à la scolarité de leur enfant. Les parents surtout en Wallonie, n’ont pas toujours la possibilité de scolariser leur enfant en enseignement spécialisé étant donné les distances importantes à parcourir. De plus, l’intégration en milieu scolaire ordinaire, s’il est bien accompagné est un véritable moteur pour l’autonomie et l’intégration dans la société.

Chaque année les associations doivent refuser de suivre certains jeunes faute d’encadrement suffisant, les familles se retrouvent donc sans solution. Il est indispensable de trouver une solution pour financer l’inclusion scolaire étant donné que les associations n’arrivent plus à faire face au nombre croissant de demandes.

L’aide aux personnes de plus de 65 ans

Toutes les personnes, indépendamment de leur âge, devraient pouvoir bénéficier des dispositions prévues par les pouvoirs publics.

Ceci ne se traduit malheureusement pas toujours dans la réalité puisque les personnes devenues handicapées après 65 ans ne bénéficient pas de toutes les aides régionales favorisant leur autonomie. Il en est ainsi des aides individuelles octroyées par les politiques régionales d’aide aux personnes handicapées telles que l’AViQ.

Ainsi, une personne aveugle ou malvoyante qui devient handicapée après 65 ans ne bénéficie d’aucune aide publique pour financer des cours de locomotion, l’achat d’une canne blanche ou encore l’acquisition d’une vidéo-loupe, d’une synthèse vocale ou d’une barrette braille.

Ces aides individuelles permettent pourtant à la personne handicapée âgée une meilleure qualité de vie et peuvent ainsi postposer voire écarter l’entrée en MR, MRS ou autres structures d’accueil collectif. Cette qualité de vie obtenue au domicile de la personne se double d’une économie financière importante pour la société.

Cette discrimination est contraire aux fondements de la Convention des Nations-Unies (notamment les articles 19 et 26) qui a pour objet de promouvoir, protéger et assurer la  jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour les personnes handicapées.

Cette situation discriminatoire exige une solution rapide d’autant plus que les aides individuelles constituent pour les personnes handicapées âgées un tremplin pour leur maintien à domicile. Ce problème est de plus en plus préoccupant dans la mesure où le nombre de personnes âgées (65 ans et plus) est en augmentation constante.

Ce questionnement tombe à point nommé puisqu’il s’inscrit dans la dynamique du transfert de compétences afférent à la 6ème réforme de l’État. Plus spécifiquement, les aides à la mobilité qui dépendaient de l’INAMI font partie du paquet institutionnel de cette 6ème réforme et une décision devra être prise sur la gestion de cette nouvelle compétence.

Il en va de la responsabilité du gouvernement wallon de voter au plus vite un budget permettant de répondre à ces besoins.

La surdicécité

Une personne est atteinte de surdicécité si elle présente un déficit à la fois visuel et auditif. Ces deux déficits sensoriels la mettent dans une situation qui n’est ni celle d’une personne uniquement malvoyante, ni celle d’une personne uniquement malentendante. La combinaison des deux implique des besoins et des moyens de communication adaptés, variables selon l’âge d’apparition et du degré des déficiences sensoriels.

Ces personnes sont atteintes de Surdicécité, handicap unique, résultat d’une double déficience.

La situation des personnes dites « sourdaveugles » est préoccupante, car méconnue. Au-delà des besoins liés à la déficience visuelle et des besoins liés à la déficience auditive, la surdicécité nécessite une prise en charge globale et multidisciplinaire de la personne.  Nous sommes en présence de deux déficiences qui forment un seul handicap et non la somme de deux handicaps.

La déclaration du Parlement européen sur les droits des personnes sourdaveugles prévoit notamment « le droit de recevoir une assistance particulière dispensée par des personnes possédant des compétences spécialisées ». (Journal officiel de l’union européenne, 1er avril 2014)

En Wallonie, il existe des services pour personnes déficientes visuelles et d’autres pour les personnes déficientes auditives, mais aucun pour les personnes en situations de surdicécité. Rares sont les professionnels qui connaissent la surdicécité, qui ont les moyens de communication (ex: langue des signes tactile, Haptic communication,…) et les outils pour comprendre leurs besoins et y répondre.Par contre, en Flandre, des structures adaptées existent.

Face à ce constat, une plateforme surdicécité s’est constituée d’associations et de professionnels du handicap sensoriel en Belgique Francophone ainsi que de témoins sourdaveugles.

Une enquête soutenue par l’AVIQ a mis en évidence le nombre, les besoins et les manquements spécifiques de ces personnes. Les résultats ont été présentés au Comité de Direction de l’AVIQ en juin 2015.

A ce jour, les personnes sourdaveugles et les professionnels attendent une reconnaissance officielle de la surdicécité comme handicap unique.

Il est maintenant indispensable de trouver les moyens pour:

  • Financer les formations des professionnels aux techniques d’éducation et de rééducation spécifiques et-
  • Permettre l’accès à l’information et à la communication par des interprètes spécialisés.

Conclusion

Bien que les principes pour construire une politique du handicap favorisant l’inclusion des personnes handicapées soient définis depuis de nombreuses années (notamment au travers de la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées), force est de constater que ceux-ci ne sont pas encore implémentés, dans les faits.

Nous souhaitons que la politique du handicap se réalise de manière globale et transversale entre tous les niveaux de pouvoir et qu’elle réponde aux nombreuses inquiétudes des professionnels et des personnes directement concernées.

En particulier, nous plaidons pour que l’accès aux services de soutien soit optimisé, que l’actuelle mobilité des citoyens dans le secteur des soins soit maintenue et garantie et qu’une politique budgétaire forte, tenant compte des spécificités et besoins du domaine soit mise en place.

Ainsi, il nous semble indispensable qu’un plan d’accessibilité global soit mis en place et que, parallèlement, la formation initiale et continue des professionnels soit soutenue dans les matières intégrant, d’une part le handicap et, d’autre part l’accessibilité universelle. Dépassant la problématique du handicap et concernant tant l’accès aux biens qu’aux services et aux activités, ces mesures seront de nature à répondre aux besoins spécifiques d’une part importante de la population.

En matière de formation, l’enseignement inclusif constitue un véritable moteur pour l’autonomie et l’intégration dans la société. Nous insistons pour que les financements alloués à ce secteur tiennent compte des réalités de terrain et des besoins des enfants et des jeunes scolarisés. De manière complémentaire, il serait souhaitable que les services accompagnant ces jeunes dans leur scolarité soient subsidiés de manière à pouvoir répondre à tous.

La problématique du handicap se pose de façon tout à fait particulière dans le contexte de l’avancée en âge puisqu’au-delà de 65 ans, les personnes ne bénéficient pas de toutes les aides régionales auxquelles peuvent prétendre les plus jeunes. Dans une société où le nombre de personnes âgées est – et sera – en augmentation constante, il semble inconcevable que l’on ne puisse bénéficier des dispositions prévues par les pouvoirs publics, quel que soit l’âge. Par ailleurs, maintenir la qualité de vie de la personne âgée au domicile représente une économie considérable dans la mesure où l’entrée en maison de repos – ou autre structure – est retardé, voire annulé.

Enfin, nous souhaitons que le gouvernement reconnaisse officiellement la surdicécité comme handicap unique et trouve les moyens pour apporter les services nécessaires aux personnes souffrant de cette double déficience, à l’instar de ce qui se fait déjà en Flandre ou dans d’autres pays.

  • Amis des Aveugles et Malvoyants
  • La Ligue Braille
  • La Lumière
  • Œuvre nationale des Aveugles (O.N.A)