Sarina Cohn – S’évader dans la musique

TLG7_155057A 21 ans, Sarina Cohn est une jeune femme brillante et cultivée. Devenue non-voyante depuis quelques années, elle nous parle de sa passion pour la musique.

Depuis quand es-tu passionnée par la musique ?

Cela remonte à ma tendre enfance. C’est ma grand-mère qui était professeur de piano qui m’a initiée à la musique. Nous sommes une famille d’artistes car ma mère est artiste-peintre. J’ai appris le solfège, le piano, le chant et je gratouille aussi un peu de guitare.

Est-ce que tu composes tes propres musiques ?

Oui bien sûr, vous pouvez retrouver mes morceaux sur mon blog www.blogdesarina.net/ et aussi sur Youtube. J’aime écrire sur des personnes en particulier ou bien sur la nature. Mes textes parlent aussi beaucoup d’évasion.

Ton plus beau souvenir de concert ?

Question difficile car j’aime beaucoup me produire en concert même si cela fait un moment que je n’en ai plus fait. J’ai eu la chance de partager un concert avec la chanteuse Noa, j’en garde un très bon souvenir. J’ai participé aussi à des concerts classiques et même joué avec un orchestre symphonique. C’est très impressionnant de sentir derrière soi une vingtaine de musiciens.

Le passage de la Reine Mathilde aux Amis des Aveugles, le 28 avril dernier, m’a laissé un très bon souvenir. C’était une belle expérience de pouvoir l’atteindre et chanter devant une personnalité publique comme elle.

DSC06431Quels sont tes artistes préférés ?

J’écoute beaucoup de musique classique et aussi beaucoup de musique du monde, pas nécessairement des groupes ou des artistes en particulier.

Si tu étais une chanson, quelle serait-elle ?

Je n’ai pas de titre en tête mais je pense qu’elle serait mélancolique, triste et tourmentée. Je ne voudrais pas être une chanson que tout le monde fredonne mais plutôt un morceau unique.

Quels sont tes projets futurs ?

Pour l’instant, je participe à un stage intensif de chant lyrique. J’ai d’ailleurs cours dans peu de temps au château d’Enghien. C’est ma classe qui donne le concert en faveur des Amis des Aveugles chaque été. J’ai le projet de suivre un master en musicologie à Louvain-La-Neuve et de continuer le chant au conservatoire.

 

La vie bien remplie d’un employé de banque

Atteint d’une rétinite pigmentaire, Pascal De Groote a perdu la vue depuis 15 ans. Il nous raconte son parcours au sein de la banque BNP Paribas Fortis.

A quel moment s’est déclarée votre maladie ?

« Tardivement. Les pro­blèmes ont commencé le soir et à l’extérieur. Je ne voyais alors plus rien. Cela s’est ag­gravé progressivement. D’abord une vi­sion tun­nel, je ne voyais pas sur les cô­tés. je perdais de la mobilité et de l’indépendance. Une amélio­ration est ar­ri­vée grâce au chien guide qui m’a rendu de l’autonomie dans mes dé­pla­cements. J’estime que je ne vois plus rien de façon fonc­tionnelle depuis 15 ans. Je peux voir des sources lu­mi­neuses si elles sont assez fortes. Par­fois, je me trompe et pense que ma fille a ou­blié d’éteindre dans le couloir (rires).»

pascal et son chien guide

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Mireille Thys – Le regard haptique

Charleroi, lumière douce d’un matin d’automne, je me trouve le long d’une grand-route devant une vieille bâtisse du début du 20e siècle bordée d’arbres. Mireille Thys, artiste peintre m’a invité à découvrir ses tableaux ex­posés dans une résidence privée.

« Vous êtes chez vous » dit le propriétaire, amateur d’art en nous accueillant chaleu­reusement. Le parquet craque sous nos pas comme pour nous rappeler que nous ne sommes pas les premiers à l’avoir foulé. Des mosaïques évoquent les motifs qui ont fait le succès du style art déco. L’art semble habiter cette mai­son depuis toujours… Chaque pièce accueille les tableaux de Mireille. Grands, petits, seuls ou en plusieurs parties, leurs couleurs attirent le regard. Je vais vite découvrir que la vue n’est pas le seul moyen pour apprécier le travail de l’artiste peintre. Elle dépose sa canne blanche sur une table pour me guider dans une exposition intimiste.

Amireille-thys-peintre-non-voyante 1ncienne directrice de banque, Mireille Thys a perdu pro­gressivement la vue depuis une quinzaine d’années. Il lui reste à présent une acuité vi­suelle égale à 1/36e à l’œil gauche vers le bas. Cela lui permet de percevoir, avec comme elle dit « son rayon la­ser », quelques couleurs qui peuvent être altérées par rapport à la réalité.

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Cédric Defleur ou Magic’ed

Magic’ed est un prestidigitateur aux multiples facettes (clown, mentaliste, magicien, animateur) avec une pe­tite particularité par rapport à ses autres confrères… Cédric Defleur alias Magic’ed est déficient visuel. Il est atteint d’une cataracte et d’une ani­ridie (un manque d’iris) congénitale.Son acuité visuelle est de 1/20 et de 1/10. Il pra­tique la magie comme passion mais il aimerait devenir semi-professionnel.

Pourquoi as-tu été attiré par la magie ?

cédric defleur magicien malvoyantPendant mon enfance et adolescence, j’adorais regar­der à la télé tout ce qui était en rapport avec le monde du cirque mais également « Le plus grand cabaret » sur France 2. J’avais également un professeur dans mon école (IRSA) qui était magicien et qui faisait des petits spectacles lors des classes vertes. Je n’avais jamais eu l’occasion de me mettre à la magie. Faisant partie d’une famille de cinq enfants, les moyens financiers ne me permettaient pas d’acheter le matériel. Il y a neuf ans, j’ai rencontré Benjamin Ghi­slain, magicien namurois qui m’a montré qu’avec presque rien on pouvait créer et faire de la magie. Il m’a proposé d’intégrer son club « Les Magiciens Per­dus », composé de profession­nels, de semi-profession­nels et d’amateurs.

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