Chien guide – un métier pas comme un autre

Salut, moi c’est Junior, jeune labrador de couleur noir. Je suis scolarisé dans une école un peu particulière, le centre de formation de chiens guides des Amis des Aveugles à Ghlin (Mons). Notre formation répond à des critères garantis­sant la qualité de notre futur travail de chien guide. En voici les dif­férentes étapes. Suivez-moi !

L’équipe du centre : des maîtres aux petits soins

Le centre de formation de chiens guides des Amis des Aveugles se situe près de Mons. Il est composé d’éducateurs canins dont un responsable technique non voyant et d’une secrétaire. Un vétérinaire travaille avec le centre depuis plus de 20 ans, c’est dire qu’il en a vu passer des chiots comme moi. D’ailleurs j’aime bien ses moustaches mais pas ses piqûres ! Chut, ne lui dites pas …

Sélection des candidats au job de chien guide : exit les  peureux et les dominants

La première étape consiste pour le centre à prendre contact avec des éleveurs renommés possédant des races telles que le golden retriever, le labrador, le berger allemand, plus rarement le berger suisse et le caniche royal.

Les caractéristiques propres à nos races font que nous sommes des chiens guides de qualité : calmes, sociables et d’une taille idéale pour guider une personne déficiente visuelle. Bref, le top du top !

Lorsqu’une nichée est disponible, un éducateur canin se déplace chez l’éleveur. Il est important d’arriver rapidement après la naissance pour sélectionner les chiots les plus aptes à devenir chiens guides au moyen du test comportemental de Campbell. Je me suis bien amusé, le courant est bien passé avec l’éducateur. Pour être choisis, nous devons être en bonne santé, avoir une bonne morphologie et ne pas être peureux ou dominant car notre futur métier est un job à hautes responsabilités. Il en va de la sécurité de nos futurs maîtres pardi !

Arrivée au centre : apprendre la sociabilité

L’éducateur vient nous chercher vers 8 semaines, moment le plus adapté pour séparer les chiots et intégrer le centre. Notre maman est fière de nous voir entrer à l’école. Elle nous a appris les règles de savoir-vivre « chien » pour être sociables avec nos copains. A l’arrivée de chaque chiot, une visite avec le vétérinaire est organisée.

chiot-noir-et-chien-blancNous restons une à deux semaines au centre pour rencontrer « les grands » chiens et nous y habituer. Ils savent aussi nous remettre à notre place si nous faisons les petits malins.

Ce moment est propice pour commencer l’apprentissage de la sociabilité. A cet âge, nous emmagasinons toutes les nouveautés comme étant normales. Du coup plus de peur par la suite. Y en a la dedans ! C’est pourquoi, les éduca­teurs nous présentent un max de situations différentes (bruits de circulation, musique, textures de sol différentes).

La famille d’accueil : des règles de base et du jeu

Après ce court séjour, nous partons en famille d’accueil. Ne croyez-pas que le centre nous confie à n’importe qui. Il sélectionne des familles en fonction de critères stricts. La personne doit avoir une connaissance de base des chiens, être disponible et avoir l’envie de s’investir dans notre éducation. Le candidat est reçu au centre pour discuter de sa motivation à devenir famille d’accueil et un éducateur canin se rend également à son domicile pour examiner l’environnement dans lequel nous serons accueillis.

La famille signe un contrat dans lequel elle s’engage à nous accueillir un an, soit toute la semaine ou bien le week-end. Elle a pour tâche de nous apprendre les règles de base de la sociabilité, de l’obéissance et de la propreté. Elle nous apporte énormément de tendresse et des moments de jeu néces­saires à notre épanouissement. Nous faisons véritablement partie de la famille !

A droite, le chien-blanc-famille-acceuilchien blanc, c’est mon copain Marius. Il sur­veille les travaux de sa maman d’accueil Anne-Cathe­rine. Il se re­pose ce ni­gaud !

L’avantage pour la famille d’accueil est qu’elle ne doit rien débourser pour nous accueillir. L’association Les Amis des Aveugles lui fournit tous les accessoires (panier, laisse, jouets) et prend en charge intégralement les frais de nourriture et de vétérinaire.

La famille d’accueil a éga­lement le devoir de revenir au centre toutes les 3 se­maines avec nous pour ré­aliser des exercices super­visés par un éducateur. Par exemple, marcher en ligne droite sans être perturbés par un autre chien. Pas fa­cile de rester sérieux !

Après les exercices, il nous arrive d’être accueillis quelques jours au centre pour nous habituer à l’équipe et à l’endroit. J’étais content de revenir pour voir les copains mais j’avoue que j’étais aussi content de repartir dans ma famille d’accueil !

Retour au centre : apprendre le métier de chien guide

Au bout d’un an, retour au centre de manière définitive. Même si ce moment est parfois difficile pour les familles d’accueil, il n’est pas rare qu’elles restent en contact avec notre futur maître pour prendre de nos nouvelles. A présent place à la grande école : début de la formation de chien guide. Un bilan osseux et des tests ophtalmologiques sont vite réalisés pour s’assurer de notre bonne santé.

Nous recevons un har­nais, spécialement étu­dié par le centre pour être confortable et per­mettre à la personne dé­ficiente visuelle de sentir tous nos mouvements. On s’habitude vite et en plus on attire tous les re­gards !

La formation débute sur des pistes conçues expressément pour rencontrer les obstacles de la vie courante. Rapidement, les éducateurs du centre nous emmènent dans les transports en commun, dans le village de Ghlin et dans la ville de Mons pour réaliser des exercices. La difficulté des circuits va grandissant.

Chaque sortie comporte un but spécifique, par exemple : s’arrêter devant une bordure, tenir l’accotement en plaçant son maître à droite, ne pas aboyer les personnes en uni­forme, se laisser caresser par les enfants, ne pas avoir peur des bruits stridents, etc.). Nous sommes en général formés par le même éducateur. Il réa­lise une évaluation men­suelle qui déter­mine notre progression dans le travail. Nous pas­sons aussi un exa­men avec le res­ponsable technique,  lui-même aveugle. Il teste avec soin notre capacité à guider.

chien-guide-bus

Si nous ne parvenons pas à atteindre les ob­jectifs fixés, le centre nous con­fie à une famille d’adoption. Au bout de 6 à 8 mois de formation, si nous avons acquis toutes les com­pétences pour devenir chien guide, nous sommes remis à une personne déficiente visuelle. En route vers de nouvelles aventures !

Procédure pour la personne déficiente visuelle : une offre intégrée de services

La personne déficiente visuelle qui désire un chien guide prend tout d’abord contact avec l’assistant(e) social(e) de sa région pour introduire une demande. Plusieurs intervenants se consultent et remettent un avis (médecin traitant, psy­chologue, ophtalmologue, instructrice en locomotion, assis­tant(e) social(e) et responsable technique du centre). Si la demande est acceptée, la personne déficiente visuelle est accueillie au sein du centre où lui seront présentés diffé­rents chiens. Le futur compagnon sera attribué en fonction des caractéristiques et des qualités de chacun. Une de­mande de subsides est alors introduite auprès de l’agence régionale compétente afin d’obtenir une contribution sur le coût du chien. Avant que le chien intègre son nouveau foyer, la personne déficiente visuelle est accueillie en résidence sur le site de l’association. Des exercices sont proposés pour parachever la formation et pour qu’elle apprenne à se déplacer avec son chien guide.

Véronique témoigne : « les tests que nous passons avant d’avoir un chien, sont d’une grande importance. Dans mon cas, on a pu se rendre compte que j’avais un petit reste de vision. Comme j’ai besoin de contraste, j’ai reçu un chien plus clair et donc plus visible pour moi. J’ai été suivie par Michel et Marianne du centre de formation de chiens guides, bravo et merci !»

Remise du chien guide : ce n’est qu’un au revoir

La remise officielle à notre maître déficient visuel se déroule en pré­sence de la fa­mille d’accueil, des diffé­rents in­ter­venants de l’association et parfois des personnes qui ont soutenu financière­ment la for­ma­tion.

Dans les semaines qui sui­vent et durant quelques mois, le centre prend con­tact avec notre maître pour confirmer que tout se dé­roule correcte­ment. S’il le souhaite, il peut faire appel au centre pour assu­rer, sans frais, notre suivi vété­rinaire.

Annuellement, une évaluation est réalisée pour déterminer si nous sommes toujours aptes à exercer le métier de chien guide. Notre duo est revu tant par un éducateur que par le responsable déficient visuel. Lorsque nous ne sommes plus en capacité de travailler, le métier de chien guide prend fin. Nous sommes généralement gardés par notre maître comme chien de compagnie et exceptionnellement placé dans un autre foyer choisi par le centre pour vivre une retraite paisible.

Pour plus de renseignements : 065.40.31.28

s.chiensguides@amisdesaveugles.org

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Une réflexion au sujet de « Chien guide – un métier pas comme un autre »

  1. Ping : L’accès des chiens guides aux lieux ouverts au public | Le Blog des Amis des Aveugles et Malvoyants

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