Cédric Defleur ou Magic’ed

Magic’ed est un prestidigitateur aux multiples facettes (clown, mentaliste, magicien, animateur) avec une pe­tite particularité par rapport à ses autres confrères… Cédric Defleur alias Magic’ed est déficient visuel. Il est atteint d’une cataracte et d’une ani­ridie (un manque d’iris) congénitale.Son acuité visuelle est de 1/20 et de 1/10. Il pra­tique la magie comme passion mais il aimerait devenir semi-professionnel.

Pourquoi as-tu été attiré par la magie ?

cédric defleur magicien malvoyantPendant mon enfance et adolescence, j’adorais regar­der à la télé tout ce qui était en rapport avec le monde du cirque mais également « Le plus grand cabaret » sur France 2. J’avais également un professeur dans mon école (IRSA) qui était magicien et qui faisait des petits spectacles lors des classes vertes. Je n’avais jamais eu l’occasion de me mettre à la magie. Faisant partie d’une famille de cinq enfants, les moyens financiers ne me permettaient pas d’acheter le matériel. Il y a neuf ans, j’ai rencontré Benjamin Ghi­slain, magicien namurois qui m’a montré qu’avec presque rien on pouvait créer et faire de la magie. Il m’a proposé d’intégrer son club « Les Magiciens Per­dus », composé de profession­nels, de semi-profession­nels et d’amateurs.

Comment fais-tu pour apprendre les tours de magie ?

Ma formation en éducateur spé­cialisé me permet d’être autodidacte. J’utilise des DVD pour apprendre les tech­niques. Cela me permet de visionner autant de fois que je veux les tours. Je peux avoir une vue sur les mou­vements mais également une description audio de la technique et l’ambiance sonore à donner. Les livres sont peu adaptés et en magie, il est important de dé­cortiquer chaque mouvement. Beaucoup de magiciens utilisent le miroir pour s’entrainer à voir ce que le spec­tateur voit. Je ne l’utilise pas mais par contre je me filme pour voir ce que cela donne. Je m’en­traîne une fois par semaine. Quand je sens que je maîtrise le tour après plusieurs essais (cela peu pren­dre quelques mois), je me filme comme si j’étais en représentation. Je visionne tout de suite pour voir les modifications à réaliser. Ensuite, je teste mes tours sur mes connaissances. C’est le meilleur laboratoire.

N’est-ce pas trop difficile pour un malvoyant ?

La magie est un art difficile car il faut beaucoup regar­der et c’est par le regard que commence l’apprentis­sage. La prestidigita­tion est un art plus manuel à prati­quer. Tout se passe dans le détournement d’attention. Je pense que la magie peut être pratiquée par un défi­cient visuel pour autant qu’il adapte les tours. De toute façon, en magie, il faut s’approprier les tours pour les mettre à sa sauce. Tous les types de magie ne sont pas accessibles. Les grandes illusions comme la femme coupée en deux, demandent à être vues depuis une certaine distance et présentées depuis une scène. La magie de close-up (de table en table) ou de salon qui se pratique avec des foulards, des balles en mousse ou tout autre objet, peut être accessible.

Les spectateurs remarquent-ils que tu es malvoyant ?

Cela dépend du contexte. Si je suis sur scène, cela se voit moins vite que lorsque je suis en close-up. La proximité fait que les gens remarquent plus vite. J’essaie dans mes spectacles de jouer avec cette différence, de mettre les choses à plat avec humour pour que cela soit moins agressif et moins dérangeant pour le spectateur.

As-tu déjà reçu des remarques ?

Je n’ai jamais eu de re­marques des adultes mais plus des questions et de l’étonnement. Les enfants sont beaucoup plus spontanés, les re­marques ou réactions ne se font pas attendre. Dans un premier temps le public est as­sez craintif et distant mais une fois le contact établi avec humour, le public suit. Les en­fants restent émerveillés et étonnés par ce que je peux faire.

Tu essaies de faire passer des messages en pratiquant ton art ?

Oui, le premier est que tout est possible et que si on a la volonté et que l’on aime ce que l’on fait,  l’impossible devient le possible. Le deuxième message est qu’avec l’art, il est possible d’exprimer des choses enfouies en nous. Cela permet par­fois de se libérer. Le troisième message est qu’il n’est pas bon d’at­tendre des autres, il vaut mieux être acteur de son projet. Et enfin que le handicap n’est qu’une étiquette et que c’est à nous de montrer que nous fai­sons partie de la so­ciété pour que tous les préjugés soient ban­nis.

Pour plus d’infos : http://cedlemagicien.weebly.com

Et aussi,  un reportage vidéo : Un magicien hors du commun

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Une réflexion au sujet de « Cédric Defleur ou Magic’ed »

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